Migrants : les ONG ne désarment pas

07 Août 2019

Le 4 août, l’Ocean Viking, le nouveau navire des ONG Médecins sans frontières et SOS Méditerranée, a quitté le port de Marseille pour sa première mission de sauvetage de migrants. Il remplace l’Aquarius, qui avait secouru plus de 30 000 migrants en deux ans et demi et que les gouvernements ont empêché de naviguer en 2018.

Les patrouilles navales, qui autrefois pouvaient collaborer avec les ONG, ont été remplacées par des drones pilotés depuis le siège de Frontex, l’agence européenne des frontières, dont le seul but est de signaler la position des canots de migrants aux gardes-côtes libyens, liés en fait aux chefs de guerre. La directrice de SOS Méditerranée dénonce un climat de harcèlement que subissent les bateaux de sauvetage et la menace permanente d’être à nouveau bloqués sous un prétexte fallacieux. L’aménagement de l’Ocean Viking a d’ailleurs été pensé en prévision des attentes de plus en plus longues qu’il pouvait subir avant d’être autorisé à débarquer dans un port européen. Même si 40 migrants secourus par le bateau Alan Kurdi ont finalement pu débarquer à Malte après cinq jours d’attente, un autre navire humanitaire, l’Open Arms, est, lui, encore à la recherche d’un port pour débarquer 121 migrants secourus lors de deux opérations.

La politique criminelle des dirigeants de l’Union européenne n’a pas réussi à empêcher des organisations de se battre pour ne pas laisser mourir les hommes et les femmes qui ont le courage de tenter la traversée, après un parcours souvent fait d’horreurs. Mais elle est constamment rendue plus difficile.

Et tout cela, non parce qu’un continent parmi les plus riches du monde, peuplé de centaines de millions d’êtres humains, ne pourrait pas en accueillir d’autres, mais parce que la politique des gouvernants est de faire croire que l’immigration est un problème. Les uns en jouant la carte de la fermeté, les autres en jouant aux hypocrites qui aimeraient accueillir mais ne le pourraient pas. Alors le problème est l’organisation économique capitaliste qui engendre chômage, misère et guerre partout dans le monde.

Thomas Baumer