Empreinte carbone : la ministre Borne franchit les limites

07 Août 2019

En plus du fauteuil de ministre des Transports, Borne a hérité du ministère de la Transition écologique après la démission de De Rugy. Mais il est bien difficile à Élisabeth Borne de justifier, du point de vue de l’environnement, les décisions prises en matière de transports… par Borne Élisabeth.

Ainsi, hormis quatre lignes, la SNCF a supprimé les trains de nuit, laissant la place aux autocars chers à Macron. Mais la ministre espère que « les prochains opérateurs qui entreront sur le marché veuillent faire du train de nuit ». Elle compte donc sur la concurrence privée pour faire… ce que le gouvernement et la SNCF ont abandonné.

Autre exemple : le train de fret Perpignan-Rungis. Parce que les wagons frigorifiques y sont en mauvais état et doivent être remplacés ou réparés, la SNCF a décidé d’abandonner purement et simplement cette liaison ferroviaire. Devant le scandale et l’opposition des cheminots, Borne indique que la ligne n’est que suspendue et qu’elle souhaite que ce service soit maintenu. Comme si elle n’avait pas le pouvoir d’annuler une décision qui mettra 25 000 camions sur les routes chaque année !

Enfin, la ministre botte aussi en touche sur l’état déplorable du réseau ferroviaire, littéralement laissé à l’abandon pendant trente ans, ce qui provoque pannes, retards et accidents. Elle dit regretter que « rattraper des décennies de retard, ça prend du temps ». Elle est doublement bien placée pour le savoir. Elle était en effet directrice de la stratégie de la SNCF entre 2002 et 2007, au moment où les budgets de renouvellement et de maintenance diminuaient chaque année de 3 % et où le nombre de voies renouvelées chaque année était divisé par deux par rapport aux années 1970. Et la réforme ferroviaire qu’elle a menée en 2018, cette fois en tant que ministre, ne prévoit aucun financement pour les lignes secondaires, aujourd’hui menacées de fermeture en raison de leur vétusté.

Alors, des petits gestes pour détruire la planète, la nouvelle ministre de l’Environnement, en a commis beaucoup dans sa carrière.

Christian BERNAC