Taxation des riches : quand les poules auront des dents en or

31 Juillet 2019

Aux lendemains de son élection à la présidence de la République, Macron s’était empressé de servir la soupe avec une grosse louche en argent à la bourgeoisie. Rien n’était plus pressé que de supprimer l’ISF.

Ce cadeau de plus de trois milliards d’euros par an, l’ISF étant remplacé par un impôt fortement réduit sur la fortune immobilière, avait provoqué un mécontentement général : le nouveau monde de Macron ressemblait un peu trop rapidement à celui de Sarkozy, à son bouclier fiscal.

Pour tenter d’atténuer ce rejet amplement mérité, le gouvernement avait alors prétendu que, pour compenser ses largesses, il allait taxer les signes extérieurs de richesse, voitures de sport ou de luxe surpuissantes, yachts de plus de 30 mètres de long.

Dès le départ, le projet restait modeste. Le propriétaire d’une Lamborghini Gallardo à 210 000 euros pouvait s’en sortir avec 2 500 euros de taxes. L’objectif affiché par le gouvernement était tout au plus d’obtenir 40 millions d’euros au total.

Le bilan de cette prétendue taxation des riches vient d’être présenté à l’Assemblée nationale. Seuls 3 400 véhicules en ont fait les frais, rapportant à peine la moitié des sommes escomptées. Parmi les yachts, sept ont été taxés, rapportant à l’État moins de 100 000 euros sur les 10 millions prévus. Le Conservatoire du littoral, qui devait bénéficier de l’argent rapporté pour agir pour la protection de l’environnement, n’en a toujours pas vu la couleur. Décidément, le gouvernement est plus efficace pour le prélèvement à la source sur les salariés que pour la taxation des riches en aval.

G. B.