Pompiers en grève : “On en a plein les bottes !”

31 Juillet 2019

Cela fait maintenant un mois qu’un mot d’ordre national de grève des pompiers a été lancé à l’appel de sept syndicats, qui court jusqu’au 31 août. La grève fait tache d’huile, touchant 85 % d’entre eux, et prend des formes diverses, les pompiers étant tenus d’assurer un service minimum.

Dans les Landes, ils étaient une quarantaine à manifester devant la préfecture de Mont-de-Marsan, vendredi 26 juillet. Ailleurs, comme à Forbach, ils ont de nouveau tagué les véhicules de service et installé des banderoles dénonçant le manque d’effectifs. Même chose à Bayonne, pendant les fêtes, où une banderole géante a été déployée le 24 juillet sur un pont, clamant que les secours étaient en danger.

Effectivement, le constat que le service public de secours est malade, comme le dit un dirigeant syndical, est partout criant. Selon les propres chiffres du ministère de l’Intérieur, le nombre des interventions des pompiers a augmenté de 15 % entre 2008 et 2017, mais les effectifs, eux, ont diminué de 1 % sur la même période. Cela alors que, du fait des carences des services de l’État, que ce soit dans la prise en charge par les Samu, les urgences hospitalières, ou par l’extension des déserts médicaux, de plus en plus de personnes font appel à eux car, là, elles sont assurées d’avoir une réponse.

Les pompiers revendiquent avant tout un recrutement massif de personnel, mais aussi des augmentations de salaire par le biais d’une revalorisation de la prime dite de feu.

Le manque de personnel chez les pompiers est le résultat de la même politique d’économies dans tous les services publics. C’est la même raison pour laquelle les hôpitaux et les services d’urgence craquent. L’argent public est drainé vers le grand patronat ou vers les banques. Pour arrêter cela, il y a vraiment le feu.

Étienne HOURDIN