Chômage : le mensonge de la décrue

31 Juillet 2019

Temps frais ou canicule, le chômage recule. C’est du moins ce que le gouvernement voudrait faire croire, à grands renforts de statistiques.

Ainsi Pôle emploi constate au deuxième trimestre 16 800 chômeurs en moins dans la catégorie A, demandeurs d’emploi sans aucune activité et disponibles immédiatement. Mais même ceux qui se félicitent de ce succès doivent avouer que la décrue est bien lente, si tant est que décrue il y ait.

Car la seule évidence reste celle du chômage de masse. Pôle emploi compte 3,63 millions de chômeurs de catégorie A, et près de 6 millions toutes catégories confondues. En fait, gouvernants et commentateurs doivent eux-mêmes reconnaître que le chômage de longue durée augmente, ce qui signifie une aggravation réelle sur le long terme.

Le 28 juillet, le gouvernement a publié au Journal officiel sa réforme de l’Assurance chômage annoncée à la mi-juin. Dès le 1er novembre, le nouveau calcul se mettra en place. Il faudra pour être indemnisé avoir travaillé six mois au cours des 24 derniers mois, au lieu de quatre sur 28 mois précédemment. Le rechargement des droits exigera six mois de travail, au lieu d’un seul. Le montant de l’indemnité sera calculé sur le mois entier, et non plus sur les jours travaillés, ce qui le fera chuter mécaniquement. Selon l’Unedic, plus d’un million de chômeurs seront touchés, la moitié de ceux qui touchent une allocation.

Ainsi, non seulement le chômage ne recule pas réellement, mais il est de plus en plus mal indemnisé. C’est une attaque non seulement contre les chômeurs mais contre tous les salariés, tous concernés par la menace de perdre leur emploi et d’être de plus en plus mal indemnisés. Voilà ce que voudrait cacher le compte de fées de la « lente décrue » du chômage.

Vincent GELAS