Violences policières : les victimes, les responsables et ceux qui les couvrent

24 Juillet 2019

Samedi 20 juillet plus de 1 500 manifestants ont défilé devant le commissariat de Beaumont-sur-Oise pour de nouveau réclamer : « Justice pour Adama ». Il y a tout juste trois ans, le 19 juillet 2016, Adama Traoré, 24 ans, mourait à l’occasion d’un simple contrôle d’identité, les gendarmes l’ayant étouffé sous leur poids.

Depuis, toute une machine judicaire, des procureurs de la République aux juges d’instruction et aux médecins légistes mandatés par la justice, s’est activée pour couvrir ce crime, n’hésitant pas à propager des mensonges sur l’état de santé de la victime. Cette même machine, qui a laissé les gendarmes totalement impunis, s’est acharnée sur la famille d’Adama, qui se bat encore trois ans plus tard pour que vérité et justice soient rendues.

Dans ce cortège, il y avait aussi la famille de Lamine Dieng, mort en 2007 à 25 ans dans un fourgon de police à Belleville.

Au même moment, Castaner, le ministre de l’Intérieur, a rappelé à sa manière que les violences policières ne sont pas que des bavures mais relèvent d’un choix assumé au sommet de l’État. Le 16 juin, il a remis la médaille de la sécurité intérieure à plus de 9 162 policiers s’étant fait remarquer à l’occasion des affrontements contre des gilets jaunes. Parmi ces décorés, on compte deux commissaires impliqués à Nice dans la charge ayant gravement blessé Geneviève Legay, une femme de 73 ans, en la projetant à terre ; un officier responsable du tir de grenade ayant tué, à Marseille, Zineb Redouane qui fermait les volets de son appartement du 4e étage ; d’autres ayant matraqué des personnes dans un Burger King lors d’une manifestation de gilets jaunes à Paris, et un autre encore ayant donné l’ordre de gazer la foule lors de la fête de la musique à Nantes, entraînant la disparition du jeune Steve Maia Caniço dans la Loire...

Au-delà des bras qui tiennent les matraques, il y a les chefs de la police et de la gendarmerie, le ministre de l’Intérieur et le gouvernement qui légitiment et même honorent les violences policières.

Christian CHAVAUX