Tati-Gifi : cherchez les millions !

24 Juillet 2019

Deux ans après l’avoir rachetée au groupe Eram et avoir licencié 260 salariés, le PDG de Gifi s’était engagé à maintenir l’enseigne Tati. Il vient d’en annoncer la quasi-disparition, à l’exception du magasin historique situé au métro Barbès à Paris. La fermeture de treize magasins et la suppression de 189 emplois sont également programmés.

Tout cela ne servira qu’à permettre à des capitalistes de maintenir ou accroître leurs profits, et surtout leur richesse personnelle. Tellement riches même que les propriétaires de Tati, passés ou actuels, figurent depuis de nombreuses années parmi les plus grandes fortunes du pays.

C’est le cas de la famille Biotteau, propriétaire d’Eram et de Gemo, qui a vendu Tati à Gifi en 2017. Et bien sûr de la famille Ginestet, propriétaire de Gifi, qui est passée de la 166e place, avant le rachat de Tati, avec une fortune estimée par le magazine Challenges à 400 millions d’euros, à la 129e place aujourd’hui, avec 750 millions d’euros.

C’est ce même PDG qui ose dire aux salariés de Tati qu’il est dans l’obligation de liquider l’enseigne et avec elle des centaines d’emplois ! De l’argent, il n’en a pourtant pas manqué pour racheter, juste après Tati, l’enseigne de chaussures haut de gamme Besson au groupe Vivarte. Ce même groupe Vivarte, dont les nombreuses enseignes ont fait la fortune de la famille Descours, 75e au tableau, et qui a supprimé des milliers d’emplois en liquidant KooKaï, Naf-Naf, André ou encore Chevignon.

Les salariés de Tati craignent que les treize fermetures annoncées ne soient qu’une première vague : sur les 79 magasins encore en lice, seuls 49 sont programmés pour passer sous enseigne Gifi. L’incertitude pèse sur les 30 autres, mais aussi sur celui de Barbès, où les salariés dénoncent la suppression de leur 13e mois et la dégradation de leurs conditions de travail avec les départs non remplacés.

Les travailleurs de Tati, comme ceux de Gifi d’ailleurs, ont toutes les raisons de rejeter ce plan de licenciements et de fermetures de magasins. Ils auraient également toutes les raisons de revendiquer que la fortune des propriétaires présents et passés de Tati serve à maintenir les emplois et les salaires, dont ils ont absolument besoin pour vivre.

Philippe Logier