Retraites : tous les travailleurs attaqués

24 Juillet 2019

Les propositions du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, rendues publiques jeudi 18 juillet, ont au moins tenu une promesse. Comme attendu, elles contiennent de nombreuses attaques qui aggravent encore les conditions pour prendre une retraite à taux plein. Cela vise tous les salariés, du public comme du privé.

Selon ces propositions, tous les travailleurs, qu’ils soient salariés du privé, fonctionnaires, indépendants, de professions libérales ou agriculteurs, seraient désormais soumis à un système universel de retraites à points.

Delevoye indique que cette réforme n’entrera en vigueur qu’à partir de la génération née en 1963, sous-entendant que cela ne concernerait pas les générations antérieures. Sauf qu’à partir de 2025 le calcul sera fait par point, et non plus par annuité, et le point n’évoluera plus en fonction de l’inflation, mais du niveau des salaires. Et ce sont bien toutes les pensions qui seraient concernées et pourraient être diminuées par une baisse de la valeur du point.

Toutes les préconisations de Delevoye vont dans le même sens : il s’agit de forcer chacun à se résigner à travailler plus longtemps et à toucher une retraite plus faible. Et, au-delà de cet objectif, il y a clairement une volonté de la part du gouvernement d’instiller le poison de la division. Car, par des mesures ne rendant pas le départ en retraite automatique, à partir d’une certaine durée de cotisation commune et d’un âge commun à tous les travailleurs, il entend individualiser les situations et créer des oppositions.

Or, s’il est un moyen pour les travailleurs d’entraver une attaque d’une telle ampleur, c’est précisément en rendant les coups par une mobilisation tous ensemble.

David MARCIL