Professions à risque : les ouvriers moins bien lotis que les policiers

24 Juillet 2019

Dans son projet sur les retraites, Delevoye prévoit l’extinction des départs anticipés.

Cela signifie que les professions qui jusqu’à présent ouvraient droit à un départ en retraite un peu plus tôt que l’âge légal, comme les conducteurs de train, qui travaillent les dimanches et jours fériés et ne dorment pas tous les soirs chez eux, n’en bénéficieront plus. Cependant, une exception est faite pour les « fonctionnaires exerçant des fonctions dangereuses dans le cadre de missions de maintien de l’ordre et de sécurité publique », en clair les policiers, les gardiens de prison et les militaires.

Il faut croire que les risques que le patronat fait prendre aux ouvriers du BTP ou de l’industrie, aux cordistes qui travaillent à grande hauteur, etc., ne comptent pour rien.

Pourtant, à titre de comparaison, ces dernières années la police a déploré autour de cinq morts en service par an pour un peu plus de 140 000 policiers ; et l’armée de deux à quatre tués par an en opération pour un effectif de 275 000 militaires. Par contre le secteur du bâtiment, qui totalise un peu plus d’un million de travailleurs, compte chaque année autour d’une centaine d’accidents mortels : un taux de mortalité trois fois supérieur à celui des policiers et huit fois supérieur à celui des militaires. Et c’est sans compter les accidents de trajet, les maladies professionnelles mortelles, comme les cancers causés par l’amiante…

Les policiers et les gardiens de prison pourront continuer à partir en retraite à 52 ans, et les sous-officiers de l’armée et les simples soldats après 17 années de service, et cela alors que le gouvernement se plaint du déficit des régimes de retraite. En fait les bénéfices des entreprises pourraient parfaitement permettre aux ouvriers et à de nombreux travailleurs de bénéficier de leur retraite bien avant les 64 ans qu’on leur promet.

Lucien DÉTROIT