Migrants : l’inhumanité au centre de rétention de Roissy

24 Juillet 2019

Le 11 juillet, la Cimade, seule association qui vient en aide aux migrants à l’intérieur du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, situé à côté des pistes de l’aéroport de Roissy, a annoncé qu’elle se retirait, ne pouvant plus faire face à la multiplication des situations de violence.

« Des hommes et des femmes s’automutilent ou tentent de se suicider dans les centres de rétention administrative. Au cours de ces quinze derniers mois, deux hommes se sont donné la mort dans ces lieux où l’administration enferme des personnes pour les expulser du territoire français. D’autres se révoltent ou expriment leur désespoir à travers des lettres publiques, des grèves de la faim, des émeutes ou des tentatives d’incendie. » C’est ainsi que commençait la lettre ouverte envoyée par l’association au ministre de l’Intérieur, Castaner, mais elle n’a été suivie que d’une réponse laconique, sans aucune amélioration sur le terrain.

Depuis 2018, avec la loi Asile et immigration, la durée de rétention a doublé, passant à trois mois. Le nombre de places d’enfermement a fortement augmenté, atteignant plus de 1 500. Plus de 45 000 migrants ont été internés l’an dernier, certains risquant la mort dans leur pays d’origine s’ils sont expulsés. Des malades atteints du VIH y ont été privés de traitement pendant plusieurs semaines. Des enfants sont de plus en plus souvent enfermés, de même que des femmes enceintes. Des personnes souffrant de graves troubles psychiques et sans aucun traitement y sont mélangées aux autres dans la plus grande promiscuité.

Depuis janvier, différents mouvements collectifs de grève de la faim se sont produits dans plusieurs centres. Au centre du Mesnil-Amelot, juste avant le départ de la Cimade, une femme enceinte avait commencé seule une grève de la faim, un détenu avait avalé des lames de rasoir et un autre avait menacé de se pendre avec le fil barbelé de l’enceinte.

La politique du ministère de l’Intérieur est de faire du chiffre et d’incarcérer toujours plus. Voilà le visage de la politique du gouvernement Macron envers les migrants, lui qui prétend incarner le « progressisme » en face de l’extrême droite.

Antoine FERRER