Greta Thunberg à Paris : question climatique et mise en scène politique

24 Juillet 2019

Deux jours après avoir reçu à Caen un prix de la Liberté décerné par la région Normandie, la jeune Suédoise de 16 ans Greta Thunberg était invitée mardi 23 juillet à s’exprimer, avec quelques autres intervenants, jeunes et scientifiques, dans une salle de l’Assemblée nationale par un collectif de 162 parlementaires de différents partis nommé Accélérons (la transition écologique).

D’autres députés, de droite ou d’extrême droite, ont eux critiqué cette réunion, comme Julien Aubert, LR, qui a déclaré : « Ne comptez pas sur moi pour applaudir une prophétesse en culottes courtes. » Pour lui, la jeune Thunberg mérite le « prix Nobel de la peur ». S’en prendre à la jeunesse de celle qui depuis un an a lancé une grève de l’école contre le réchauffement climatique ou en minimiser les risques est lamentable. La plupart des scientifiques, eux, décrivent les effets d’une augmentation de la température de la planète sur la hausse du niveau des mers, l’intensité des vagues de chaleur, les cultures, la pêche, les espèces animales et végétales, et bien sûr sur les populations humaines, avec les ouragans, les pluies torrentielles, les famines, la pauvreté et la misère.

Mais la réception organisée par le collectif Accélérons, fondé par Matthieu Orphelin, député ex-LREM, proche de Nicolas Hulot, a tout d’une mise en scène pour se donner le rôle de combattant contre une catas­trophe environnementale. Pour Orphelin : « Il faut entendre cet appel de la génération climat, qui appelle à en faire plus dans un mouvement collectif. » Que signifie « en faire plus » ? Cela reste une formule creuse tant l’on ne désigne pas les vrais responsables du danger pour l’écologie. S’agit-il de faire la morale à toute la population pour qu’elle « en fasse plus », ou de mettre hors d’état de nuire les puissances qui dirigent l’économie et l’ensemble de la société en fonction du seul critère du profit immédiat ?

Limiter l’impact des activités humaines sur le climat supposerait de les contrôler collectivement en fonction des besoins et des possibilités, y compris celles de la planète. Cette planification supposerait une autorité et un gouvernement mondiaux de l’économie. Cela ne peut que passer par l’expropriation de la bourgeoisie, pour laquelle n’existe que le calcul égoïste. Sans cette volonté, tous les discours écologiques des gouvernants et de leurs soutiens ne sont que mise en scène.

Frédéric GESROL