Des paroles haineuses aux actes racistes

24 Juillet 2019

Dans les derniers jours de la Coupe d’Afrique des nations, gagnée par l’Algérie, plusieurs politiciens français se sont déchaînés contre ses supporters. Marine Le Pen a demandé que l’accès aux Champs-Élysées leur soit fermé et que leur drapeau soit interdit. Son clone, Nicolas Dupont-Aignan, n’était pas en reste. Quant au député LR Éric Ciotti, également lancé dans la course à la xénophobie, il a déclaré que Mamoudou Barry, frappé à mort près de Rouen, était la « victime d’un crime raciste perpétré par des supporters algériens » sans attendre de savoir qui était le meurtrier, certes raciste, mais qui serait un déséquilibré franco-turc. Quelques jours plus tôt, les médias avaient également accusé un « supporter algérien » d’avoir renversé une famille à Montpellier, causant la mort d’une mère de famille. Là encore, l’info était une intox, l’automobiliste, de nationalité française, n’étant ni algérien ni supporter. En revanche, à Lyon, un groupe d’extrême droite, armé de battes de base-ball, a bien agressé une famille algérienne un soir de match, aux cris de « Sales bougnoules ! »

Le racisme antialgérien est une plaie ancienne, que les nostalgiques de l’époque coloniale ne manquent jamais de ranimer. Et les paroles haineuses des uns mènent tout droit aux actes ignobles des autres.

Michel BONDELET