PSA – Mulhouse : s’il y a moins de production, il faut répartir le travail

17 Juillet 2019

La direction de l’usine PSA de Mulhouse vient de confirmer que, début novembre, la production quotidienne va être divisée par deux, suite à l’arrêt de la fabrication de la Peugeot 2008.

Les trois équipes (2x8 et nuit) resteront en place, mais chacune produira en « demi-cadence » : à la place des 58 véhicules par heure actuels, la production va être ramenée à 29 véhicules/heure, répartis entre les modèles DS7 et Peugeot 508.

Demi-cadence ne signifie pas que les ouvriers auront deux fois moins de travail, bien au contraire. Avec ce système, chaque travailleur devra faire deux postes : par exemple, si actuellement un ouvrier monte la porte avant gauche sur le véhicule et un autre la porte arrière gauche, demain c’est un seul ouvrier qui devra monter les deux portes. Ce système engendrera forcément plus de déplacements, et plus de fatigue.

La direction justifie ces doubles postes par le fait que la production sera divisée par deux. Mais cet argument ne trompe personne, car la quantité de travail ne sera pas réduite de moitié : tous les ouvriers savent que les deux modèles qui restent en production (DS7 et 508) nécessitent plus de travail que la Peugeot 2008.

L’autre conséquence de cette demi-cadence est une véritable saignée dans les emplois. Environ un millier d’ouvriers intérimaires, sur les 1 400 qui travaillent en ce moment à l’usine, vont être licenciés d’ici la fin de l’année. Et il faudrait ajouter tous ceux qui travaillent pour les entreprises sous-traitantes de PSA, directement sur le site ou autour, et qui vont aussi faire les frais de cette décision. La logique patronale ne varie pas : un ouvrier à qui on impose de faire deux postes, c’est une occasion de se débarrasser de celui qui travaille à côté de lui.

Pour les travailleurs, en revanche, une baisse de production devrait être synonyme de répartition du travail entre tous. Dans la période actuelle, il est aberrant que des centaines d’ouvriers, notamment des jeunes, se retrouvent à Pôle emploi tandis que ceux qui conservent leur travail en ont par-dessus la tête. Travailler moins, et travailler tous, sans perte de salaire : à PSA comme ailleurs, il faudra l’imposer au patronat.

Correspondant LO