14 juillet : l’impérialisme français en parade

17 Juillet 2019

39 hélicoptères, 69 avions, 196 véhicules, 237 chevaux et 4 300 militaires : une partie des 35,8 milliards d’euros du budget de l’armée a défilé sur les Champs-Élysées le 14 juillet. Des robots, des drones à plusieurs centaines de milliers d’euros, et même un homme sur une plateforme volante, ont été cette année ajoutés au spectacle, permettant aux commentateurs de s’enthousiasmer sur « l’armée du futur ».

Sous prétexte de la « défense de la patrie », cette surenchère militariste ne manquera pas d’être comme toujours une poule aux œufs d’or pour les marchands d’armes, et de permettre aux Dassault, Airbus, Thales et autres de voir leurs profits s’envoler.

L’autre innovation cette année était la présence en fin de parade de mutilés et blessés de guerre. Ils ont permis à Macron de se mettre en scène et de rendre un hommage appuyé aux militaires français intervenant à l’étranger : « Nous sommes fiers de vous (…) parce que vous protégez la nation, parce que vous êtes notre souveraineté, ce qui nous permet de nous défendre, comme de défendre nos alliés. »

Digne représentant de l’impérialisme français, il reprend ainsi à son compte la fable qui voudrait que les 3 700 militaires français présents officiellement et en permanence au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon, à Djibouti et aux Émirats arabes unis y protègent autre chose que les intérêts des grands groupes français. De Bouygues à Areva, ou Bolloré, tous ont de gros intérêts en Afrique et au Moyen-Orient, et le soutien armé de l’État français aux pires dictatures a souvent permis d’y maintenir un ordre propice à leurs affaires.

Du génocide au Rwanda à la guerre au Cameroun ou en Centrafrique, sans oublier sa contribution à la guerre du Biafra, l’histoire de l’impérialisme français et de son armée en Afrique n’est qu’une longue suite de massacres.

Aujourd’hui, 5 600 soldats des opérations Barkhane ou Chammal sont présents au Sahel, en Syrie et en Irak. Loin d’y avoir protégé la population, ils ont contribué à semer le chaos : au Mali et dans les pays limitrophes, les groupes djihadistes, ou supposés tels, n’ont jamais été si nombreux.

La présence permanente de son armée permet ainsi à la France de tenter d’y tenir son rang d’impérialisme de second ordre, et de défendre son pré carré, sa zone d’influence, face à des concurrents plus puissants. Les populations, elles, le paient au prix du sang.

Jacques Le Gall