Distribution de l’eau : un racket organisé

10 Juillet 2019

Quatre municipalités de gauche (Bagnolet, Bondy, Les Lilas et Montreuil) adhérant à la structure intercommunale Est ensemble située en Seine-Saint-Denis ont organisé dimanche 1er juillet une votation citoyenne sur la gestion de l’eau.

Si seulement une petite minorité de la population s’est déplacée, plus de 97 % des votants se sont prononcés pour qu’Est ensemble reprenne directement la distribution de l’eau et mette fin à la délégation accordée au groupe capitaliste Veolia, qui peut ainsi rançonner la population depuis des années. En 2018, avec 439 millions d’euros, ce trust a augmenté ses profits de 10,5 %.

Ce n’est pas un hasard si une telle consultation a été organisée à quelques mois des élections municipales. En effet ce projet de régie publique de l’eau permettrait certainement à la population d’Est ensemble de bénéficier de tarifs plus bas. C’est le cas dans les villes qui ont repris la gestion de l’eau, comme Paris et Grenoble.

Mais une telle mesure ne suffirait pas à mette fin au racket de Veolia. En effet Est ensemble aurait le choix entre acheter l’eau à la ville de Paris, en payant très cher le coût du raccordement des réseaux, estimé à 136 millions d’euros, ou bien faire affaire avec Veolia pour une somme évaluée à 43 millions d’euros. Le coût est beaucoup moins élevé avec Veolia, car les canalisations sont déjà en place.

En plus, pour certaines expertises et missions nécessitant de gros investissements et une main-d’œuvre qualifiée, ces villes devraient toujours faire appel à ces grands trusts de l’eau qui, comme on peut s’en douter, leur factureraient très cher ces services.

Enfin, ces communes, et donc la population, auraient de toute façon à financer des travaux de rénovation d’un réseau devenu vétuste, faute d’entretien suffisant de la part de Veolia. Cela se traduit par des ruptures de canalisations de plus en plus fréquentes et des fuites de plus en plus importantes, estimées à 20 % de l’eau distribuée.

Pour mettre vraiment fin au racket des grands groupes capitalistes de l’eau, il faudrait tous les exproprier et récupérer les milliards de bénéfices qu’ils ont engrangés depuis des années, pour remettre à neuf le réseau. Il serait ainsi possible de faire fonctionner un service public de l’eau géré au niveau national, pour satisfaire les besoins de la population.

Arnaud LOUVET