Cosne-sur-Loire : fermetures d’Altifort et de Conforama

10 Juillet 2019

Mercredi 3 juillet, deux avocats du groupe Altifort SMFI sont venus annoncer à Cosne-sur-Loire la fermeture prochaine de l’usine « à 99,9 % ». Ce seront 115 travailleurs qui vont se retrouver à la rue.

Altifort avait repris l’usine Vallourec il y a un an, promettant de la relancer. Le même groupe s’était porté candidat à la reprise de l’usine Ascoval dans le Nord, elle aussi anciennement Vallourec, avant de se désister au dernier moment.

Vallourec avait décidé de céder à un groupe américain son activité de fabrication de tubes en acier sans soudure utilisés pour le forage. Toutes les usines étaient reprises sauf deux, Tarbes et Cosne-sur-Loire, où une première usine Vallourec a déjà été fermée en 2016, avec 88 suppressions d’emplois. À l’époque, le PDG de Vallourec s’était engagé auprès d’Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, à ce qu’aucun site ne ferme.

Depuis la reprise par Altifort il y a un an, il y a eu une succession de périodes de chômage partiel ou de formation payées par la région. Depuis le départ de Vallourec, les travailleurs se rendaient bien compte que l’usine ne pourrait pas tenir longtemps. Et ce ne sont pas les rodomontades des élus locaux, faisant appel à Bercy ou à des tables rondes, qui pouvaient changer quelque chose à la situation de l’entreprise.

Le groupe Vallourec a fait des centaines de milliards de dollars de bénéfices quand le prix du baril de pétrole était à plus de cent dollars. Il a bénéficié de 550 millions d’euros d’aides du gouvernement Hollande. Et quand la situation est devenue moins favorable, il a préféré vendre, laissant des centaines de travailleurs sur le carreau.

Au magasin Conforama de Cosne-sur-Loire, qui doit fermer avec 32 licenciements, c’est la même chose. Les travailleurs de Conforama ont enrichi successivement Bernard Arnault et Pinault, qui a vendu en 2011 au groupe sud-africain Steinhoff présent dans 44 pays avec 90 000 salariés. Maintenant que la concurrence est devenue plus forte, ce sont les travailleurs qui devraient en faire les frais et 1 900 licenciements sont prévus dans toute la France.

Alors qu’il y a 6 millions de chômeurs, licencier devrait être interdit. Vallourec et Conforama ont fait des bénéfices colossaux les années antérieures. Qu’on prenne sur ces profits accumulés pour garder tous les emplois !

Correspondant LO