Macron et la défense du climat : belles paroles et CRS

03 Juillet 2019

Vendredi 28 juin, quelques centaines de manifestants se sont rassemblés sur le pont Sully, au centre de Paris, pour réclamer des mesures d’urgence pour le climat. Organisé par une association se voulant non violente, le sit-in était bon enfant, accompagné de chants et de danse.

Mais, après les sommations d’usage, l’évacuation a été brutale. Les CRS ont utilisé des bombes lacrymogènes, aspergeant en plein visage de façon répétée et prolongée des personnes à terre, puis les évacuant en les traînant sur le sol sans ménagement.

L’intervention brutale des CRS face à des manifestants pacifiques a choqué, à juste titre. Elle s’inscrit dans la continuité des violences policières de ces derniers mois, contre les jeunes de Nantes lors de la Fête de la musique le 21 juin, contre les gilets jaunes pendant des mois, dont certains en garderont des séquelles à vie, ayant perdu un œil ou une main.

Castaner, sans doute instruit par ses bévues précédentes, a demandé un rapport au préfet de police de Paris. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour violences policières, confiée à l’IGPN. De Rugy, en bonne plante verte gouvernementale, s’est contenté d’un sobre : « Le temps n’est plus aux manifestations. » La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a donné le ton à l’ensemble des godillots de La République en marche en expliquant benoîtement qu’il fallait attendre les résultats de l’enquête...

Le gouvernement a ainsi donné une illustration toute personnelle de « l’urgence écologique et climatique » adoptée par l’Assemblée nationale la veille de la manifestation, dans le projet de loi relatif à l’énergie et au climat. Pourtant les manifestants ne faisaient en quelque sorte que répondre aux œillades de Macron lancées en octobre dernier en direction des jeunes qui manifestaient pour la défense du climat. Il avait alors déclaré : « J’ai besoin d’une chose, c’est que vous nous rendiez la vie impossible, à nous les dirigeants. » En conclusion de quoi, le gouvernement a envoyé ses sbires faire le ménage sur le pont occupé.

Gilles BOTI