Hébergement d’urgence : les étrangers dans le viseur du gouvernement

03 Juillet 2019

Le gouvernement prépare une directive visant à obliger la plateforme d’urgence pour les sans-abri (le 115) à transmettre à l’Office de l’immigration les listes de personnes accueillies dans une de ses structures.

Quelque 11 000 demandeurs d’asile et 8 000 réfugiés se trouveraient dans cette situation. Faute de place, des milliers d’autres vivent dans la rue, dans des campements, sous les ponts, au bord du périphérique parisien, etc. Dans chaque département, le 115 serait donc obligé de transmettre un fichier avec l’identité des demandeurs d’asile et des réfugiés et le lieu où ils se trouvent.

Le gouvernement poursuit ainsi deux objectifs, tout aussi révoltants.

D’une part, face à la saturation de l’hébergement d’urgence, plutôt que d’augmenter le nombre de places, l’État veut en faire sortir les réfugiés.

D’autre part, malgré les dispositions répressives de la loi asile et immigration, dite aussi loi Collomb, le gouvernement considère que le nombre d’expulsions n’augmente pas assez. Il y en a pourtant eu 33 960 en 2018, dont 15 677 en métropole, soit + 10 % en un an, un record. Mais cela ne suffit pas. Le gouvernement veut en particulier réduire le nombre de demandeurs d’asile, qui est en hausse. En réalité, par rapport à de nombreux pays, ce nombre (122 743 en 2018) est faible : il ne représente que 0,2 % de la population française, soit un demandeur d’asile pour 500 habitants.

Macron et son gouvernement prétendent s’opposer aux politiciens xénophobes comme Salvini. Mais en ­réalité ils mènent la même politique de chasse aux migrants et de fermeture des frontières pour ceux qui fuient la misère et la violence de leurs pays.

Michel BONDELET