Hôtels de luxe – Paris 8e : assez de l’exploitation !

26 Juin 2019

Depuis six mois, le personnel des hôtels Balzac et de Vigny, des hôtels de luxe 5 étoiles du 8e arrondissement de Paris, sont mobilisés pour faire valoir leurs droits élémentaires de salariés.

Les deux hôtels appartiennent au groupe JJW France, contrôlé par le cheikh al-Jaber, 133e fortune mondiale. Le 19 juin, les salariés étaient mobilisés pour être reçus par la direction du groupe et faire connaître leurs revendications, et en premier lieu leur droit à une couverture sociale réglementaire.

En effet la liste des filouteries du groupe JJW est longue, avec une dette de 2,5 millions d’euros à l’Urssaf ainsi que de nombreux impayés concernant la mutuelle des salariés et les complémentaires de retraite. Les salariés sont d’autant plus inquiets qu’une réelle incertitude plane quant à leurs remboursements médicaux et à la prise en charge de leurs pensions. Il y a six mois, le mouvement de contestation avait d’ailleurs démarré sur cette question. Une travailleuse avait rencontré les plus grandes difficultés à faire reconnaître ses droits à la retraite, la caisse dont elle dépendait faisant valoir les nombreux impayés du groupe JJW. Plus récemment, la mobilisation a obligé le groupe JJW à régler les 350 000 euros d’impayés au titre de la complémentaire retraite.

Les revendications des salariés concernent aussi leurs conditions de travail, qui se dégradent de plus en plus : manque de personnel à la restauration, à la réception et en service de nuit, plus de dix chambres à assurer par jour par femme de chambre. L’ascenseur de service est en panne depuis des semaines, indispensable pour le room service , le service en chambre, obligeant le personnel à passer par les escaliers. Tout est profit pour le richissime milliardaire, même les économies mesquines sur les uniformes, qui ne sont pas renouvelés depuis un an.

Le cheikh al-Jaber, dont la fortune personnelle est estimée à près de 7 milliards d’euros, est un spécialiste des opérations douteuses, des redressements judiciaires calculés, des coups bas en tout genre dans un monde de rapaces. L’actualité l’a même rattrapé puisqu’il est cité dans l’affaire Balkany, un Bal-kany qui, en connaisseur, dit du même al-Jaber qu’il est un escroc !

Toujours est-il que les travailleurs des hôtels Balzac et de Vigny restent déterminés à faire valoir leurs droits et à faire payer des patrons voyous avant tout préoccupés d’augmenter leurs profits. L’union locale CGT, présente aux côtés des travailleurs, organisait jeudi 27 juin à 10 heures une conférence de presse et un rassemblement devant l’hôtel de Vigny, rue Balzac.

Correspondant LO