Réformes Blanquer : c’est toujours non !

19 Juin 2019

Lundi 17 juin, Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Éducation nationale, fanfaronnait dans les médias car les épreuves de philosophie du baccalauréat avaient pu se tenir, malgré un appel à la grève de plusieurs syndicats. Mais, pour y parvenir, les rectorats ont dû convoquer, partout dans le pays, des surveillants en surnombre et faire appel à des retraités, du personnel administratif et des précaires.

Quoi qu’en dise le ministre, les diverses réformes qu’il impose à marche forcée, à tous les étages de l’Éducation nationale, sont largement rejetées par les enseignants. Depuis le début de l’année scolaire, les enseignants se sont mobilisés contre ces réformes à travers plusieurs journées nationales de grève réussies et, dans certains départements ou dans divers établissements, en se mettant en grève reconductible pendant plusieurs jours. Dans les lycées, ils dénoncent l’aggravation de la ségrégation sociale entre les établissements bien cotés et ceux des quartiers populaires, entre les grandes villes et les zones rurales. Ils dénoncent la baisse des moyens pour permettre de travailler en effectifs réduits et, en ce domaine, les inégalités entre établissements. Ils dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, avec des contraintes supplémentaires, des emplois du temps impossibles et le recours croissant à du personnel précaire.

Le 13 juin, une commission mixte du Sénat et de l’Assemblée nationale a voté la loi très mal nommée « école de la confiance » qui réforme le primaire. Mais deux mesures initialement prévues par Blanquer ont été abandonnées. Les directeurs d’école n’auront finalement pas de pouvoir hiérarchique sur leurs collègues enseignants et le regroupement des écoles sous la tutelle d’un collège voisin est abandonné, pour le moment. Ces reculs sont le fruit de la mobilisation. Si le gouvernement s’est vanté de rendre obligatoire la scolarisation pour tous les enfants dès 3 ans, il ne prévoit aucun financement pour ouvrir des classes, ce qui favorisera les écoles maternelles privées, financées par les mairies, au détriment des écoles publiques.

Si la mobilisation n’a jamais pris un caractère suffisamment massif pour imposer au gouvernement de remballer l’ensemble de ses projets, ces réformes ne passent toujours pas. Beaucoup d’enseignants voulaient l’affirmer à l’occasion du bac. La grève du 17 juin, si elle est restée minoritaire, a été significative et visible dans de nombreux endroits.

Dans certains centres d’examen, la moitié voire les deux tiers des enseignants convoqués étaient en grève. À Toulouse, à Lyon, à Montpellier, comme dans de multiples villes du pays, des centaines de grévistes se sont rassemblés devant les rectorats. Dans plusieurs départements, des assemblées de grévistes ont reconduit la grève pour le lendemain. Un appel à la grève a été lancé pour le 27 juin, jour du brevet des collèges. Si Blanquer croit avoir réussi à faire passer ses sales coups, il pourrait se heurter de nouveau à la réaction des enseignants.

Xavier LACHAU