Police des polices : net et sans bavure

19 Juin 2019

Jeudi 13 juin, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a remis son rapport d’activités pour l’année 2018. Le rapport annonce que, l’année dernière, l’usage des lanceurs de balles de défense (LBD) a augmenté de 203 % et celui des grenades de désencerclement de 296 %.

Les chiffres ont explosé avec le début du mouvement des gilets jaunes. Derrière la précision toute clinique du décompte, il y a le traitement que le gouvernement a infligé aux manifestants. Ces armes ont été utilisées en abondance, occasionnant des blessures graves par dizaines, soulevant même les interrogations de la commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe et celles du haut commissaire aux droits de l’homme de l’ONU.

Contre l’évidence des violences policières, le gouvernement est resté de marbre, le ministre de l’Intérieur ne perdant pas une occasion d’assurer policiers et gendarmes de son soutien. En toute logique, l’IGPN n’a ouvert que sept enquêtes administratives dans les rangs de la police, alors que 265 enquêtes judiciaires visant des policiers ont été ouvertes depuis le début des manifestations. Aucune sanction n’a été réclamée par l’IGPN, pas même une suspension provisoire d’activité.

« L’IGPN est indépendante et ne reçoit aucune instruction du ministre de l’Intérieur dans ses enquêtes », a conclu Brigitte Jullien, la directrice de l’IGPN. Aucune instruction n’est effectivement donnée, la police des polices et le ministre de l’Intérieur sont sur la même longueur d’onde pour entonner le même refrain : circulez, il n’y a rien à voir.

Boris SAVIN