Droit d’asile : l’État complice des dictatures

19 Juin 2019

Le 6 juin dernier, la préfecture des Pyrénées-Orientales a renvoyé vers l’Érythrée une réfugiée arrêtée dans un bus à la frontière espagnole.

D’abord enfermée dans un centre de rétention à Toulouse, la jeune Érythréenne a vu sa demande d’asile repoussée par l’Office de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), après une visioconférence menée selon une procédure dénoncée par les associations d’aide aux réfugiés.

Un recours a alors été déposé devant la Cour nationale du droit d’asile mais, depuis la loi asile-immigration votée par la majorité parlementaire en septembre 2018, cela ne suspend plus l’arrêté d’expulsion. La jeune femme a donc été renvoyée en Érythrée sous escorte policière.

« Le régime érythréen a supprimé la plupart des libertés et la situation des droits de l’homme y est très préoccupante : interdiction des partis politiques ; absence d’indépendance de la justice, et des prisonniers politiques toujours plus nombreux ; liberté de la presse et liberté syndicale inexistantes ; liberté de religion fortement encadrée ; arrestations et détentions arbitraires », lit-on sur le site officiel du ministère des Affaires étrangères France Diplomatie.

C’est donc en toute connaissance de cause que les autorités françaises ont renvoyé cette femme vers un des pays les plus pauvres du continent africain sous l’emprise d’un régime dictatorial. Procédures expéditives, négation du droit d’asile, tel est le véritable contenu de la politique prétendument progressiste de Macron.

B. S.