Migrants : l’État toujours plus inhumain

12 Juin 2019

Dans un rapport publié le 5 juin, Amnesty dénonce les intimidations et les violences contre les migrants de Calais et de Grande-Synthe et contre les militants des associations qui leur viennent en aide.

Depuis le démantèlement de la Jungle en 2016, plus de 1 200 réfugiés et migrants, dont des mineurs non accompagnés, survivent sous des tentes et des bâches. Ils manquent de nourriture, d’eau potable, n’ont pas d’abri ni d’accès à des installations sanitaires. La brutalité des autorités à leur égard s’est accrue. Gaz lacrymogènes, coups, insultes racistes sont leur lot quotidien.

Cette violence frappe désormais aussi les militants des associations qui tentent de leur fournir des repas, des vêtements, des douches. En 2017, la maire de Calais a ouvert les hostilités, en prenant un arrêté interdisant toute distribution de nourriture, en installant une benne devant les locaux du Secours catholique pour l’empêcher de mettre des douches à disposition des migrants, et en multipliant les amendes de stationnement contre les camionnettes des bénévoles.

Depuis 2018, policiers et gendarmes mettent sous pression les défenseurs des migrants, en leur infligeant systématiquement des contrôles d’identité, des gardes à vue, des palpations, des violences physiques et verbales.

La justice est également passée à l’offensive. D’abord, en ignorant les nombreuses plaintes déposées contre les policiers. Ensuite, en condamnant pour diffamation ceux qui dénoncent les mauvais traitements infligés aux migrants. Ainsi Loan Torondel, coordinateur de l’Auberge des migrants, a été condamné en septembre 2018 à 1 000 euros de dommages et intérêts pour avoir publié dans un tweet la photo de policiers en train de confisquer, en plein hiver, une couverture à un migrant. Enfin, en poursuivant pour outrage et violence les victimes de violences policières, comme Tom Ciotkowski, dont le procès doit s’ouvrir le 13 juin.

Non content de réprimer les migrants, qui ne cherchent qu’à passer en Angleterre pour espérer y vivre, l’État français cherche à présent à criminaliser, et à décourager, tous ceux dont le seul délit est de faire preuve d’humanité.

Julie LEMÉE