Mali : conflits ethniques et terrorisme

12 Juin 2019

Une nouvelle tuerie a ensanglanté le centre du Mali. Dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 juin, le village de Sobane-Kou a été attaqué par une bande d’hommes armés. Les habitations ont été brûlées et une centaine d’habitants, le tiers du village, ont été assassinés.

Le gouvernement malien s’est empressé de déclarer que les agresseurs faisaient partie d’un groupe djihadiste. Cependant, le fait qu’il s’agisse d’un village habité par des Dogons laisse à penser que le massacre aurait pu être perpétré par un groupe d’autodéfense peul en représailles à la destruction du village peul d’Ogassagou le 26 mars par une milice de chasseurs dogons et à l’assassinat de 134 de ses habitants.

Les milices d’autodéfense sont apparues des deux côtés, chrétien et musulman, avec la bénédiction du gouvernement malien. Il s’est toujours refusé à les désarmer malgré la demande des populations. Parfois, c’est lui-même qui a armé certaines d’entre elles, comme le Gatia dans le Nord pour faire face à l’influence des groupes indépendantistes. Aujourd’hui, la prolifération de ces groupes paramilitaires représente un danger qui n’a rien à envier à celui constitué par les groupes djihadistes, d’autant plus que l’action de ces milices se greffe sur de vieux conflits entre agriculteurs et éleveurs.

L’abondance d’hommes en armes sous différents uniformes au Mali ne rassure pas la population. Celle-ci n’a aucune confiance dans l’armée malienne, qui préfère racketter les petites gens qu’affronter des milices armées. Quant aux troupes de l’ONU et à celles de l’impérialisme français, elles ne sont pas là pour ça. Leur rôle est de soutenir un régime corrompu et de défendre les intérêts de l’impérialisme français, et ainsi leur présence contribue à aggraver une situation qui débouche aujourd’hui sur des conflits ethniques.

D. M.