Whirlpool – Amiens : la mascarade de Macron se conclut par la fermeture

05 Juin 2019

Le tribunal d’Amiens a placé l’ex-usine Whirlpool d’Amiens en redressement judiciaire.

Les actionnaires de l’usine, qui employait encore après plusieurs plans de licenciements 500 personnes (embauchés, intérimaires et sous-traitants dans les murs), avaient annoncé la fermeture du site en 2017, en pleine campagne présidentielle.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron s’étaient précipités sur le parking de l’entreprise dans l’entre-deux-tours, pour rivaliser de promesses quant à la reprise d’une activité. Des start-up, une blanchisserie, une série de projets farfelus avaient été mis en avant pour donner du crédit à la promesse du nouveau président.

Finalement, il y a un an, un petit industriel local, Nicolas Decayeux, propriétaire d’une usine de fabrication de boîtes aux lettres et patron du Medef du département, réembauchait sur le site 162 ex-salariés de Whirlpool. Un an plus tard, le rideau tombe sur cette farce et la nouvelle est arrivée juste après les élections européennes, comme pour l’usine ex-Alstom de Belfort. C’est l’État, au travers de son préfet, qui a signifié la fin de la partie, avec sa décision de ne plus soutenir Decayeux et de s’orienter vers le reclassement des salariés dans le cadre d’une fermeture imminente.

Les spécialistes du journal Les Échos avaient présenté comme peu crédibles les ambitions de reprise de Nicolas Decayeux. Sur le site, avec moins de 200 salariés, celui-ci aurait produit des voiturettes sans permis, des casiers réfrigérants et les pylônes de cages d’ascenseurs. La famille du chocolatier Trogneux, dont fait partie Brigitte Macron, a acheté un casier, la métropole d’Amiens une quarantaine, pour soutenir la fiction d’une activité fantôme dans l’usine.

L’industriel a pourtant bénéficié d’une série d’aides des collectivités locales et de l’État : 2,5 millions de prime d’aménagement du territoire venant de l’État, les 7,5 millions dus par Whirlpool au titre de la réindustrialisation – une misère alors que le groupe a touché 27 millions de fonds publics depuis 2014 – 337 000 euros de la région pour la formation aux nouvelles activités des ex-salariés de Whirlpool (45 000 euros par salarié).

Aux dépens des salariés, Macron aura donc menti deux fois pour soutenir ses ambitions : une fois avec ses promesses de réemplois avant le second tour des présidentielles, et une seconde fois par omission lors de ces élections européennes, le préfet retardant l’annonce.

Correspondant LO