Neuhauser – Folschviller : licenciement pour les uns, du travail en plus pour les autres

05 Juin 2019

Chez Neuhauser à Folschviller, un nouveau plan de suppressions d’emplois menace 185 postes, sur les 450 de la boulangerie industrielle qui fait partie du groupe Soufflet.

Un site, Furst 1, devrait fermer complètement en août, et les lettres de licenciement arriveraient en octobre. La direction a promis que les salariés seraient payés en restant chez eux, mais sans doute espère-t-elle qu’ils seront nombreux à prendre leur compte d’ici là.

Sur le site restant, Furst 2, la direction veut imposer aux travailleurs de travailler plus en gagnant moins. Le rythme de travail passerait de 5x8 en 3x8. Actuellement, ils font deux postes de matin, deux d’après-midi, deux de nuit, soit une moyenne de 32 heures par semaine avec des primes pour le travail du week-end. Le passage en 3x8 non seulement les ferait passer à 37,5 heures par semaine mais leur ferait perdre des primes. En gros, ce serait travailler plus pour gagner moins.

Le plan antisocial annoncé en novembre dernier a été retoqué par l’administration, car il ne prévoyait pas grand-chose. Le directeur général du groupe Soufflet est venu sur place fin mai pour expliquer aux salariés qu’il n’y avait rien à négocier, ce qui a suscité l’écœurement de bien des travailleurs de Folschviller.

Le groupe Soufflet est un gros groupe industriel de la boulangerie, qui se moque de l’emploi comme de son premier croissant. Il a touché 10 millions d’euros au titre du CICE (où le E veut dire emploi !) pour supprimer des centaines d’emplois après un premier plan « social » il y a deux ans. Cette nouvelle saignée intervient dans un contexte où sont annoncées 1 600 suppressions d’emplois chez Ford à Sarrebrück, de l’autre côté de la frontière, ainsi que la future fermeture de la centrale à charbon d’Émile-Huchet, et des suppressions de postes chez Smart à Hambach.

Les différents sites de Neuhauser sont situés sur un ancien carreau de mine de charbon. Le patron de l’époque, Neuhauser, a bâti sa fortune sur l’exploitation de générations d’ouvriers et aussi avec les subventions publiques qui ont coulé à flots dans le cadre de la reconversion du bassin minier lorrain. Ensuite il a vendu à plus gros, la famille Soufflet, gros négociant en grains qui était d’ailleurs du dernier voyage de Macron en Afrique pour chercher de nouveaux marchés, en compagnie d’une cinquantaine de grands patrons comme Bolloré, Peugeot, Total, Orange, Danone, etc.

La loi du profit règne, et il faut changer la société pour qu’elle marche sur ses pieds, et pas sur la tête. En attendant, pour sauver la vie des travailleurs, il faut faire payer le patronat en lui imposant l’interdiction des licenciements et la répartition du travail entre tous. Tout le contraire de ce que veut faire Soufflet.

Correspondant LO