Rallye-Casino : sauvegarder les emplois ou les profits ?

28 Mai 2019

Le groupe Casino (Géant Casino, Franprix, Leader Price, Monoprix, Naturalia, C-Discount...) vient d’être mis en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce.

La procédure fait suite à l’impossibilité du groupe de rembourser les intérêts d’une dette qui a atteint près de trois milliards d’euros, tout en enrichissant le PDG actionnaire majoritaire par le biais d’une cascade de sociétés financières contrôlant le groupe.

On pourrait penser que le report de ces paiements handicape les banques principales créancières de Casino. Ce n’est pas vraiment le cas. Celles-ci ont pris soin de garantir la plupart de leurs créances sur des actions Casino. Si celui-ci ne paye pas, elles pourraient alors prendre le contrôle du groupe et le démanteler en vendant certaines enseignes au plus offrant. Carrefour a déjà fait une offre il y a plus d’un an. Et Amazon, qui souhaite aujourd’hui développer un parc de magasins, est en embuscade.

Les fonds spéculatifs tournent autour de Casino depuis plusieurs années et jouent son action à la baisse tout en pariant sur une remontée pour vendre avec la plus grosse plus-value possible. Comme on peut donc voir, les rapaces ne manquent pas pour profiter du groupe.

Toutes enseignes confondues, le groupe Casino totalise près de 9 000 magasins, plus de 12 000 dans le monde, avec 220 000 salariés. Ils ont fait les profits du groupe et de ses créanciers et la fortune de son principal actionnaire. Il n’y a aucune raison que ce soit aux travailleurs, qui n’ont que leur emploi et leur salaire pour vivre, de payer pour permettre à une poignée de parasites capitalistes de continuer à sévir. Ces profiteurs ont amassé d’immenses profits et dividendes, alors à eux de payer la note qu’ils voudraient faire supporter aux travailleurs.

Philippe Logier