Partis de gauche : une faillite qui vient de loin

28 Mai 2019

Les nombreux passages de la gauche au gouvernement et les cicatrices qu’ils ont laissées dans le monde du travail n’ont pas été oubliés. Tous les partis de gauche, qu’ils assument leur politique antiouvrière, comme le PS et son rejeton Hamon, ou qu’ils prétendent faussement n’y avoir eu aucune part, comme le PCF ou l’aventurier Mélenchon, se sont effondrés lors de ces élections européennes.

Le Parti socialiste recueille 6,4 % des suffrages, son avatar la liste Hamon 3,2 %. Le PCF, qui se présentait cette fois sous son nom, ne dépasse pas les 2,5 %. Quant à la liste de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, l’homme qui pose au nouveau Mitterrand sauveur de la gauche et du peuple, elle ne récolte que 6,3 % des suffrages, loin de ses presque 20 % de l’élection présidentielle.

Pour tenter d’éviter la catastrophe attendue, tous ces partis ont pourtant suivi la mode et verdi leur langage, apportant ainsi de l’eau et des électeurs au moulin des listes écologistes. Pire encore de son point de vue, Mélenchon ayant demandé aux siens de « battre Macron », un certain nombre semblent l’avoir pris au mot et ont utilisé le bulletin Le Pen pour ce faire. Macron ne s’en porte pas plus mal, Le Pen se rengorge, Mélenchon perd de sa superbe et bien des électeurs des classes populaires ne sont qu’un peu plus désorientés.

Après le résultat, les leaders de la gauche ont entonné le grand air de l’unité. Ils ont pour cela un argument qui semble imparable : unie, disent-ils, la gauche pourrait vaincre aussi bien Macron que Le Pen. Et d’additionner les voix des uns et des autres en vue des prochaines élections, à commencer par les élections municipales de 2020.

L’unité de la gauche est un plat qu’ils ont déjà maintes fois servi. Avec Mitterrand, avec Jospin et avec Hollande, les partis de gauche se sont unis, ont gouverné pour le grand capital et ont ainsi dégoûté l’électorat populaire. C’est ce qui les a conduits aux résultats actuels.

Comment croire que les partis de gauche pourraient désormais faire autrement, comme si cela n’avait été qu’une erreur, si même ils parvenaient à s’entendre et à retrouver une base électorale ? L’État tout entier, système électoral compris, est là pour garantir la domination des capitalistes, quelles que soient les illusions des électeurs dans les politiciens qui sont portés aux affaires.

Les appels à l’unité de la gauche peuvent avoir un écho du côté de ceux qui, de bonne ou de mauvaise foi, bénévolement ou par profession, veulent encore croire aux mirages électoraux. Mais, pour les travailleurs qui sont réellement attachés à défendre leur classe, ils ne mèneront à rien.

Paul GALOIS