Hélicoptères militaires : la vache à lait du capital

28 Mai 2019

La ministre de la défense Florence Parly s’est rendue le 27 mai à l’usine Airbus de Marignane. Elle y a annoncé que l’armée avançait de deux ans la commande de plusieurs centaines d’hélicoptères qu’Airbus fabrique, vendus autour de 15 millions d’euros pièce.

Le budget des armées étant fixé pour les années à venir, l’État et Airbus ont réalisé un curieux montage pour cette très grosse opération. Airbus avance les fonds à l’armée, avec, assure Parly, un taux d’intérêt minime. De plus, ajoute la ministre, l’opération se soldera par une économie, car maintenir les vieux hélicoptères en fonction coûte les yeux de la tête. Ils seraient si mal en point et auraient besoin de tant de soins que l’heure de vol reviendrait aujourd’hui à 13 000 euros.

Personne au ministère n’a suggéré de mettre les vieux hélicoptères au rencard et de verser les équipages et mécaniciens chez les pompiers, les gardes forestiers, les sauveteurs en mer ou tout autre profession utile, en les équipant de matériel neuf, s’il le faut. La raison en est simple. Outre ses tâches de gendarme colonial, l’armée française se doit d’assurer les profits de ses fournisseurs, dont Airbus est l’un des principaux. Or la firme a absolument besoin d’amorcer la vente de son hélicoptère, encore à l’état de prototype. L’État, qui a contribué à financer la recherche et le développement de l’appareil se doit donc d’être non seulement son premier client mais un client tel qu’il garantisse à lui seul la rentabilité de l’opération.

Pendant que les commentateurs dissertent gravement sur le résultat des élections, les affaires, les vraies, continuent donc et l’État ne peut attendre pour donner la preuve de sa dévotion au capital. Sous tous les gouvernements précédents, de Colbert et la création de l’arsenal de Rochefort jusqu’à Le Drian et la vente des frégates, les ministres ont procédé comme Florence Parly. Quant aux prétendus censeurs de Macron à la sauce Le Pen, ils annoncent par avance qu’ils augmenteraient le budget militaire.

Alors sur quoi s’opposent les candidats au gouvernement si ce n’est sur les différentes façons de mentir aux travailleurs ?

Paul GALOIS