Cuba : les États-Unis renforcent le blocus

28 Mai 2019

Depuis 1959, Cuba est soumis à un embargo économique par la puissance impérialiste américaine. L’administration Obama l’avait un peu desserré. Trump a décidé de le renforcer.

Entre 1992 et 2018, l’assemblée générale de l’ONU a voté la levée de cet embargo par 189 voix contre 2 ; les voix manquantes étaient les États-Unis et Israël. Une seule fois, les États-Unis se sont abstenus, en 2016 sous l’administration Obama.

L’administration Trump renoue avec les illusions des dirigeants américains qui, pendant 55 ans, ont espéré, sans succès, que le blocus ferait plier ces Cubains qui avaient osé arracher leur indépendance.

La loi américaine Helms-Burton encadre depuis 1996 cet embargo. Une partie de cette loi, le titre III, jamais activé, autorise particuliers ou entreprises qui estiment avoir été spoliés par la révolution cubaine à entamer des poursuites judiciaires pour exiger des réparations financières. Trump a maintenant décidé de l’activer. Des poursuites ont ainsi été engagées par des capitalistes américains contre un croisiériste cubain, sous prétexte que ses bateaux embarquent et débarquent des touristes sur des ports qui leur appartenaient avant 1959. ExxonMobil poursuit deux compagnies cubaines pour avoir nationalisé ses raffineries et stations-service en 1960. Le groupe pétrolier exige 280 millions de dollars d’indemnisation.

Il faut pourtant rappeler que les mesures de nationalisation des compagnies américaines prises par la jeune révolution cubaine furent une réponse à l’intransigeance des États-Unis, qui refusaient tout compromis avec ceux qui prenaient la voie de l’indépendance. Une partie des nationalisations eurent lieu contre des indemnisations substantielles. C’est parce que les États-Unis tentèrent de faire encore grimper le montant des indemnités que Cuba riposta par la nationalisation de la plupart des compagnies américaines.

Les États-Unis n’ont jamais accepté cette situation. Mais, malgré l’embargo et des années particulièrement noires entre la fin du soutien de l’URSS en 1991 et le soutien du Venezuela de Chavez à partir de 2000, les Cubains n’ont pas cédé non plus.

L’activation du titre III pourrait aussi faire des dégâts dans la guerre économique que les États-Unis mènent à leurs rivaux sur l’arène mondiale. En effet, si telle activité ou telle propriété est exploitée par une entreprise européenne, par exemple, celle-ci pourrait être poursuivie et payer des amendes aux propriétaires d’avant 1959. En cas de non-paiement de ces amendes, les sociétés concernées seraient interdites de séjour sur le marché américain. C’est une arme de plus dans l’arsenal protectionniste de Trump.

« America first », « Make America great again » étaient des slogans de Trump en campagne. On en connaît aujourd’hui la véritable signification : pour être le plus grand, il faut écraser les autres, et d’abord les peuples, qui sont toujours les principales victimes d’un blocus qui les prive des produits de première nécessité.

Jacques FONTENOY