Ascoval : mensonges patronaux et gouvernementaux28/05/20192019Journal/medias/journalnumero/images/2019/05/2652.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Ascoval : mensonges patronaux et gouvernementaux

Quel sera l’avenir pour les 270 travailleurs de l’aciérie Ascoval, près de Valenciennes, et ceux des sous-traitants, après la faillite et mise sous administration judiciaire du repreneur British Steel ?

Le holding à la tête de British Steel, qui vient de racheter Ascoval, pourra-t-il même fournir les 47,5 millions promis en complément des 47 millions de fonds publics de la région Hauts-de-France et de l’État et des 50 millions d’emprunts bancaires ? Quels débouchés aura Ascoval, alors qu’il devait fournir en acier des usines d’Hayange et des Pays-Bas, qui pourraient sombrer avec British Steel ?

Après la reprise avortée par Altifort, qui avait exigé une importante augmentation des heures de travail et de productivité pour le même salaire, mais qui n’avait pas les millions nécessaires, la déroute de British Steel vient une fois de plus prouver que les travailleurs ne peuvent pas faire confiance pour leur avenir aux patrons et aux politiciens.

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et le président de la région, Xavier Bertrand, peuvent très bien se succéder pour réitérer leur confiance dans le repreneur, les travailleurs d’Ascoval n’ont aucune garantie d’avoir encore un salaire dans quelques mois.

D’autant plus que les deux frères français qui ont créé en 2008 le fonds anglais Greybull Capital, propriétaire actuel de British Steel, sont des requins de la finance, reprenant des entreprises en difficulté pour en tirer le maximum de profit et de subventions étatiques, puis les fermer. Ceux qui, des politiciens aux dirigeants syndicaux, affirment encore être optimistes et que la partie n’est pas perdue – comme l’a déclaré le Premier ministre – le savent d’ailleurs pertinemment.

Leur seule préoccupation, dans cette partie de poker menteur, est d’endormir les travailleurs et d’éviter qu’ils n’entrent en lutte pour imposer que Vallourec, qui avait lâché Ascoval en 2015, reprenne l’entreprise et ses salariés.

Tant que de tels secteurs de l’économie restent entre les mains des capitalistes, les intérêts des travailleurs et des consommateurs passent toujours après les profits immédiats, avec les conséquences humaines que l’on voit.

Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste britannique, appelait à nationaliser partiellement British Steel. Mais, au lieu de fournir des capitaux frais à ces requins de la finance, il faut les exproprier !

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