Sans-papiers : halte aux expulsions !

22 Mai 2019

Le 19 mai, plusieurs centaines de sans-papiers ont envahi le terminal 2 de l’aéroport de Roissy à l’appel des collectifs La Chapelle debout et Gilets noirs, pour dénoncer les expulsions dont ils sont victimes et la façon dont ils sont traités en général.

Ces hommes et ces femmes en situation irrégulière souhaitaient s’adresser au Premier ministre, Edouard Philippe, ainsi qu’au PDG d’Air France pour demander à la compagnie aérienne de « stopper toute participation financière, matérielle, logistique ou politique » aux reconduites à la frontière. « En 2018, plus de 1 000 personnes ont été déportées depuis le seul centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot », ont-ils dénoncé.

Les 25 centres de rétention en France dans lesquels sont enfermés les sans-papiers en attente d’expulsion sont surpeuplés et les conditions de vie y sont indignes : nourriture en quantité insuffisante voire périmée, manque de chauffage, absence totale d’intimité et conditions d’hygiène déplorables. À cela s’ajoutent l’anxiété liée à une expulsion imminente, la peur d’être réveillé en pleine nuit par la police pour être conduit à l’aéroport et ligoté à bord d’un avion. Le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés) dénonçait ainsi dans la revue Plein droit de mars 2019 les « brutalités, commises notamment par les brigades spécialisées lors des embarquements, qui accroissent considérablement le climat de peur diffuse. La crainte d’être maltraités au pied des pistes conduit beaucoup d’étrangers et d’étrangères à monter dans les avions sans résister, ce qui leur évite aussi des poursuites judiciaires qui les conduiraient en prison. Refuser de se soumettre à l’arbitraire administratif expose en effet à des sanctions, pénales cette fois. Avec, en ligne de mire et pour quelques mois, la prison, puis le retour en rétention, puis de nouveau la prison ».

Cette situation est aggravée par une série de lois et règlements comme le règlement dit « Dublin III », qui sont autant de freins à la possibilité de bénéficier du droit d’asile. Avec ce règlement, les exilés, par exemple, ne peuvent pas choisir le pays dans lequel ils souhaiteraient demander l’asile. Les dirigeants des États européens refoulent vers leur pays d’origine des hommes et des femmes qui fuient la guerre et la misère dont ces dirigeants portent pourtant la responsabilité. Les migrants veulent seulement trouver un pays dans lequel ils pourraient se sentir en sécurité, travailler et vivre dignement. Ils doivent pouvoir le faire en toute liberté. Il faut imposer la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous !

À l’appel de Stop Dublin, regroupement de plusieurs organisations de défense des demandeurs d’asile, ainsi que le Gisti, ou encore le Mrap, une manifestation est prévue le 25 mai, départ du métro La Chapelle à Paris à 14 heures.

Aline RETESSE