Ratp-Bus : la direction tente l’intimidation

22 Mai 2019

Mardi 21 mai, au dépôt de bus de Croix-Nivert situé dans le 15e arrondissement de Paris, de nombreux conducteurs étaient en grève contre la convocation en procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement de deux militants connus de la CGT : Cemil et Michael.

Un rassemblement a commencé dès 6 heures devant le dépôt, avec le soutien de cheminots, postiers, de l’union locale CGT et de travailleurs d’autres dépôts de bus, du métro et de la maintenance. La CGT, le syndicat SAT, Solidaires, le Parti communiste, et des représentants de La France insoumise et de Lutte ouvrière ont pris la parole.

La direction reproche aux militants CGT un « harcèlement moral d’ambiance » à l’encontre d’une quinzaine de cadres et maîtrises du dépôt de bus. C’est la première fois que ce motif est avancé. Il n’est donc pas question de menaces, d’insultes ou de fautes dans leur travail. Pour baser son accusation, la direction a mené une enquête interne durant un an et demi. Lors des entretiens disciplinaires, il a juste été possible de consulter une partie des 270 pages du rapport d’enquête. Les témoignages tournent autour d’un état de souffrance des membres de l’encadrement quand les militants CGT viennent les voir pour faire respecter les conditions de travail, les règles de fonctionnement, les noms des cadres « en souffrance » étant masqués pour soi-disant éviter des représailles.

C’est bien d’une criminalisation de l’activité syndicale qu’il s’agit. Cette cabale organisée par la direction ne vise qu’à affaiblir une section CGT revendicative, et bien entendu les travailleurs avec. La direction a un délai pour donner sa décision mais chacun s’attend à ce qu’elle poursuive la procédure en envoyant les deux militants au conseil de discipline de la RATP, seul habilité pour les sanctions lourdes comme le licenciement.

Vers 11 h 30, la direction a fait intervenir les CRS dans le dépôt pour expulser les manifestants. Avant cela, les non-grévistes ont dû quitter la cour du dépôt où ils côtoyaient les grévistes, pour être entassés dans la salle du personnel. Lors de l’évacuation par les CRS, un manifestant ayant reçu un jet de gaz lacrymogène en pleine figure a dû être emmené aux Urgences. L’accès du dépôt était ensuite impossible, gardé par les CRS.

Bien que choqués des méthodes violentes de la direction envers les travailleurs, beaucoup n’en sont pas surpris. La matraque et l’accusation de « harcèlement moral d’ambiance » montrent que la brutalité est du côté de la RATP. Sa direction voudrait avoir les coudées franches pour gérer les dépôts en sous-effectif, traiter les travailleurs comme des pions qui n’ont rien à dire. Avec la future ouverture à la concurrence du réseau bus, elle craint les réactions des travailleurs que ces militants syndicaux tentent de préparer.

Correspondant LO