Paroles de candidats

22 Mai 2019

Renée Potchtovik, factrice, Oise

Quand je suis arrivée à Beauvais, il y avait de grandes usines qui employaient des milliers d’ouvriers. 2 500 chez Bosch, autant chez Nestlé, chez Spontex et Massey Ferguson, 600 chez Labrosse et Dupont. Il y avait de nombreux cheminots et facteurs.
L’usine Bosch a été liquidée en 2009, Nestlé a fermé en mars 2019. Toutes les autres entreprises, à part Massey Ferguson, ont réduit leurs effectifs de façon sévère. Cela fait des milliers de jeunes qui tournent en rond dans les cités.
C’est révoltant : tous ces grands groupes internationaux aux profits colossaux sont de vrais cancers pour la société.

Dominique Clergue, ouvrière qualifiée, Loiret

Je suis révoltée par l’injustice sociale depuis mon enfance. Je suis devenue militante révolutionnaire lorsque j’ai rencontré des militants de Lutte ouvrière en 1980, alors que j’étais intérimaire. Aujourd’hui, je suis ouvrière professionnelle dans une usine de caoutchouc de l’agglomération de Montargis. J’y travaille depuis 30 ans et côtoie des travailleurs de toutes origines, portugais, espagnols, africains, turcs… Qu’on soit en CDD, intérimaire ou embauché, c’est notre travail à tous qui crée les richesses et engraisse les actionnaires.

Nicolas Bazille, cheminot, Loire-Atlantique

Je suis frappé par le développement de la précarité. Ainsi, au nettoyage, des intérimaires viennent parfois travailler pour deux heures seulement ! De nombreux collègues sont en CDD, parfois pendant plusieurs années, et peuvent avoir des contrats d’une seule journée.
Ce qui m’a marqué le plus, c’est la grève des cheminots au printemps 2018. Le refus de la précarité et de pouvoir être licencié au gré des appétits capitalistes a mis le feu aux poudres. Bien des collègues ont alors appris à s’organiser et se sont transformés en militants, chacun selon ses moyens.

Salah Keltoumi, ouvrier  de l’automobile, Haut-Rhin

Je vis à Mulhouse et travaille dans une usine automobile où toutes les nationalités se côtoient. Le patron a fait venir d’Asie, d’Europe, du Moyen-Orient, d’Afrique… des hommes et des femmes qui, quelles que soient les différences, fabriquent toutes les richesses.
Je suis fils d’immigrés algériens et j’ai quitté la région parisienne pour venir travailler ici en Alsace. Mon patron avait fermé l’entreprise à Aulnay-sous-Bois avec l’aide du gouvernement Hollande. Comme moi, des travailleurs sont venus travailler ici, en Alsace. D’autres, nés en Alsace, vont travailler tous les jours en Allemagne ou en Suisse.
Tous ceux qui veulent nous empêcher de circuler nous refusent le droit de vivre. Pour faire face à tous ceux qui veulent nous diviser pour mieux enrichir les patrons, travailleurs de tous les pays, unissons-nous !