L’hôpital de Reims en état de siège

22 Mai 2019

L’annonce de l’arrêt des soins de Vincent Lambert, hospitalisé au CHU de Reims, a déclenché de nombreuses réactions, notamment de la frange la plus réactionnaire de la société.

Les parents de Vincent Lambert, catholiques traditionalistes, avaient par exemple appelé dimanche 19 mai à un rassemblement qui a réuni moins d’une centaine de personnes devant l’unité de soins, afin de mettre la pression sur les autorités médicales.

Cela fait des années que ces pressions existent. L’un des précédents responsables du service à l’origine de la première demande d’arrêt, catholique pratiquant, a préféré jeter l’éponge en dénonçant les menaces subies.

Le climat était si tendu que la sécurité, déjà fortement présente auparavant, a encore été renforcée. Le service où est hospitalisé Vincent Lambert était en partie fermé, les accès à l’hôpital contrôlés. Tout le personnel et les patients étaient touchés dans leur vie quotidienne, notamment des personnes âgées atteintes d’Alzheimer qui, avec leurs proches, ne pouvaient plus circuler librement dans cet établissement ou se rendre par exemple à la cafétéria.

La femme de Vincent Lambert, infirmière comme lui, est aussi menacée depuis des années par les milieux intégristes. Elle continue cependant à essayer de faire que la volonté de son époux de mourir dans la dignité soit enfin respectée.

Ce sont toutes ces pressions des milieux catholiques réactionnaires qui ont conduit la cour d’appel de Paris à demander au CHU de Reims de surseoir à sa décision. De nouveau, Vincent Lambert se retrouve l’otage inconscient d’une bataille qui se livre à ses dépens. Pour les personnels de l’hôpital, les patients et leurs familles, l’état de siège va continuer.

Correspondant LO