La profession de foi de la liste Lutte ouvrière

22 Mai 2019

Ce texte est celui de la profession de foi envoyée aux électeurs à la veille du 26 mai
La construction européenne a 60 ans. Quel est son bilan ? Pour les travailleurs, il n’y a même pas de salaire minimum européen. Pour les femmes, pas même la généralisation du droit à l’IVG ! En matière d’environnement, nous courons à la catastrophe. L’Union européenne a été conçue par et pour les groupes capitalistes. Sa politique est à l’image de toute la société, où seuls comptent l’argent et les rivalités commerciales.
Mais nous ne sommes pas de ceux qui vantent le repli national. Les frontières ne protègent pas les travailleurs. Elles n’empêchent ni les crises économiques, ni l’exploitation, ni la rapacité des capitalistes, à commencer par ceux de notre propre pays. Elles entretiennent les inégalités et sont des obstacles pour ceux qui cherchent un endroit où gagner leur vie. Construire une Europe sociale soucieuse des peuples, de la planète, ne se fera qu’en ôtant à la minorité capitaliste son pouvoir sur l’économie et la société.
Contre la domination du grand capital
Défendre nos conditions de vie et notre pouvoir d’achat exige de s’affronter à la grande bourgeoisie qui tient les commandes. Les gilets jaunes ont exprimé une juste colère contre la politique antiouvrière de Macron. Mais les donneurs d’ordres sont ceux qui possèdent les banques et les multinationales de l’industrie, de la grande distribution, de l’énergie et des transports. Ce sont eux les premiers responsables du recul social.
Ces grands capitalistes ne brisent pas de vitrines, ils brisent des vies ! En fermant des usines, en licenciant, en laminant les salaires, en aggravant les conditions de travail. Ils répandent dans les classes populaires la peur du lendemain, celle de ne pas pouvoir payer son loyer, ou d’avoir à se priver sur l’alimentation, le chauffage ou les soins.
Salariés ou retraités, embauchés, précaires ou au chômage,  vous tous qui vivez  de votre travail, exprimez  vos exigences !
Chacun doit pouvoir vivre d’un emploi payé correctement. Il faut prendre sur les milliards de profits pour augmenter les salaires, les allocations, les pensions de retraite, et les indexer sur les prix. Il faut interdire les licenciements, et imposer la répartition du travail entre tous sans perte de salaire.
Vouloir contrôler ce que l’État fait de nos impôts est légitime. Mais contrôler les fortunes qui s’accumulent entre les mains de quelques milliers de grands bourgeois l’est tout autant. Le grand capital s’approprie les richesses créées par ceux qui travaillent. Il écrase nombre de commerçants, de paysans et d’artisans qui, tout en travaillant d’arrache-pied, ne vivent pas mieux.
Tant que cette minorité capitaliste domine, il n’y aura pas de partage des richesses. Et, plus grave, la collectivité ne pourra pas gérer l’économie de façon à assurer à tous une vie digne de ce siècle. La concurrence pour le profit privé est devenue un obstacle au progrès social. La société n’a jamais été aussi riche... et les urgences hospitalières, les maternités, les Ehpad et l’éducation manquent de moyens ! Les dirigeants du pays prétendent qu’il est impossible d’entretenir les routes, les ponts ou les voies de chemin de fer, et d’en finir avec l’habitat insalubre. Les formidables possibilités de la société sont gâchées.
La seule devise du grand capital, c’est « Après moi le déluge ». L’avenir, c’est de le renverser en l’expropriant et en prenant la maîtrise des banques et des groupes industriels et commerciaux pour décider collectivement de ce qui doit être produit et comment.
En votant  Lutte ouvrière
• vous marquerez votre opposition au gouvernement Macron, en rejetant ceux qui veulent le remplacer mais respectent le pouvoir de la grande bourgeoisie,
• vous exprimerez les exigences des travailleurs et de l’immense majorité,
• contre l’Europe du capital, la tentation du repli sur soi, le nationalisme et le racisme, vous défendrez la perspective d’une Europe réellement unifiée et ouverte sur le monde, qui garantisse la liberté de circulation et d’installation,
• vous affirmerez la nécessité d’une Europe débarrassée du capitalisme et fondée sur des relations égalitaires entre les peuples, sans rapports de concurrence ni de domination.