Hôpital Pitié-Salpêtrière Paris : Hirsch pris à partie

22 Mai 2019

Dans le cadre des journées portes ouvertes de l’AP-HP, la cérémonie de remise des Trophées patients AP-HP s’est déroulée jeudi 16 mai à la Pitié-Salpêtrière, en présence de Martin Hirsch, directeur des hôpitaux de l’APHP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris).

À l’initiative de l’intersyndicale, un comité d’accueil a été organisé et une centaine d’hospitaliers sont entrés dans l’amphithéâtre. Face à la colère et aux slogans qui fusaient comme : « De l’argent pour les formations, du fric pour des emplois, arrêt des fermetures de lits en gériatrie, augmentez les salaires », Hirsch ne s’est pas aventuré plus loin que l’entrée de l’amphithéâtre.

Le directeur des hôpitaux voulait parler, car il avait, paraît-il, des choses à dire. Mais ce n’était que « Il y aura des négociations avec vos syndicats », ce à quoi la salle répondait en criant « Il n’y a rien à négocier, c’est 100 % des aides-soignantes qui ont réussi le concours qui doivent partir en formation d’infirmières », et « Les lits de gériatrie ne doivent pas fermer. » Puis Hirsch est sorti avant d’être entouré et poursuivi dans tout l’hôpital par le personnel qui l’interpellait en lui demandant des comptes sur de nombreux sujets.

La direction de l’AP vient en effet de prendre une décision concernant la formation professionnelle qui choque beaucoup d’hospitaliers. Sur 410 aides-soignantes et auxiliaires de puériculture qui viennent d’être reçues au concours d’infirmier, 352 ont appris qu’elles ne seront pas prises en formation professionnelle. Jusqu’à maintenant, elles gardaient leur salaire au cours de leur formation. Désormais, si elles veulent la suivre, elles devront se mettre en disponibilité sans salaire et payer en plus 20 000 euros de leur poche la formation de trois ans. Cette décision en découragera probablement un certain nombre.

Refuser de financer les études des aides-soignantes qui réussissent le concours d’infirmière prouve bien l’hypocrisie des directeurs d’hôpitaux qui affirment ne pas trouver de personnel pour occuper les postes disponibles. En fait, ils ne veulent pas recruter, et cela ne peut qu’aggraver encore le sous-effectif déjà dramatique dans beaucoup de services.

Le mécontentement est réel et mûrit dans les esprits. Jeudi 16 mai, le directeur Martin Hirsch a dû se réfugier dans le bâtiment de la direction. Tout le personnel était content d’avoir montré à ce monsieur que ses décisions ne passent pas comme une lettre à la poste.

Correspondant LO