Médias : certains sont plus égaux que d’autres !

15 Mai 2019

Le CSA a annoncé le 10 mai quel temps d’antenne sera attribué à chacune des 34 listes présentes aux élections européennes. La méthode utilisée pour une répartition dite équitable est pour le moins surprenante et s’apparenterait davantage à un jeu de hasard… truqué bien entendu, comme tous ces types de jeux.

On mélange dans un gobelet 34 noms et 312 minutes, on enlève des secondes, on rajoute des minutes, on secoue le tout et, ô surprise, la liste LREM s’en sort avec un temps d’antenne de 55 minutes et 53 secondes, suivie par le RN, qui disposera de 48 minutes et 11 secondes, puis des listes Les Républicains, PS/PP/ND, LFI et EELV. Loin derrière viennent une vingtaine de listes, dont celle de Lutte ouvrière, qui devront chacune se contenter d’une apparition de 3 minutes et 33 secondes.

Auparavant, il y avait certes une disparité entre les listes dites grandes, celles ayant eu des représentants aux Parlements français et européen lors d’élections précédentes, et les autres, qualifiées de petites. Mais Macron, dont le parti venait d’être créé, a changé la donne afin que celui-ci obtienne la plus grosse part du gâteau. Par conséquent, la nouvelle loi de juin 2018 fixe le temps de parole en tenant compte non seulement du résultat de différentes élections, mais aussi des indications des sondages et même de la « contribution des candidats à l’animation du débat électoral » !

Pour contribuer à l’animation des débats ainsi conçus, encore faudrait-il y être invité, ce qui y est rarement le cas de Nathalie Arthaud et de Jean-Pierre Mercier, les représentants de la seule liste se situant dans le camp des travailleurs. Ses militants sont heureusement présents dans les entreprises et dans les quartiers, pour en parler directement avec la population.

Marianne LAMIRAL