Ghislaine Joachim-Arnaud : “Des fortunes construites sur le trafic d’esclaves”

15 Mai 2019

« L’histoire de l’impérialisme français a fait que je suis française et européenne, bien que je vive et que je milite en Martinique, à 7 000 km d’ici. […] Nous sommes conviés à nous prononcer sur l’avenir de l’Europe, en même temps que des centaines de milliers d’électeurs dispersés de l’océan Pacifique à l’océan Atlantique, de Tahiti à la Guyane, de Mayotte à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Cette situation juridique résulte de plusieurs siècles d’histoire, marqués par le brigandage capitaliste à l’échelle du monde, du trafic d’esclaves au génocide de peuples amérindiens et de bien d’autres. Marqués aussi par l’économie de plantation, à laquelle nombre de ces peuples dispersés ont dû participer, certainement pas de gré, mais de force, qui a construit la fortune de la grande bourgeoisie française.

Alors, notre présence sur la liste, c’est une protestation contre tout ce passé et surtout contre la façon dont ce passé se perpétue encore aujourd’hui de multiples manières, ne serait-ce que parce que les parasites les plus riches sur le sol des Antilles dites françaises sont les descendants des anciens propriétaires d’esclaves. »