Bar-le-Duc : la mort de trois ouvriers en procès

15 Mai 2019

Il aura fallu attendre huit ans pour que s’ouvre à Bar-le-Duc le procès de l’accident du 1er décembre 2011.

Ce jour-là, à 8 h 35, entre Loxéville et Willeroncourt dans la Meuse, sur une portion de voie ferrée louée par Alstom et exclusivement réservée aux essais de son matériel roulant, trois ouvriers de l’entreprise, deux salariés et un intérimaire, parmi les neuf qui y travaillaient à ce moment-là, étaient fauchés par un train en essai à 128 km/heure.

Ces travailleurs étaient en train de reballaster un tronçon de voie en courbe, pour des essais à vitesse élevée de nouvelles rames Régiolis commandées par la SNCF.

Évidemment, aucun train n’aurait dû circuler à ce moment-là. Mais l’enquête démontre que les ouvriers qui avaient rejoint le chantier un peu plus tôt le matin n’avaient pas été avertis que, la veille au soir, il avait été décidé d’avancer l’heure prévue de l’essai. Le conducteur de cette rame ne savait pas non plus qu’il y avait une équipe sur la voie.

Le chantier n’était pas signalé ni matérialisé. Il n’y avait pas non plus une équipe d’annonceurs ou de protecteurs placée nettement en amont et en aval des travaux sur les voies, de façon à alerter de l’arrivée d’un train suffisamment à temps pour que les ouvriers puissent s’éloigner, comme cela était de rigueur sur le réseau ferré SNCF.

Les circonstances de cet accident qui a coûté la vie à trois ouvriers, la sécurité négligée, accusent durement Alstom.

Le procès s’est ouvert lundi 13 mai au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc, huit ans et demi après ce drame. Quatre personnes sont poursuivies pour homicides involontaires : l’agent de sécurité au poste de garde, le responsable du poste de contrôle et de commande, le cadre responsable de l’exploitation du site, et un autre détaché pour le compte de CEF SA (Centre d’essai ferroviaire, succursale d’Alstom) qui était en train de prendre la main à la suite d’Alstom Transport. Ces deux sociétés sont aussi poursuivies en tant que personnes morales. Les familles et proches des victimes veulent savoir toute la vérité. Il n’est pas sûr que la responsabilité écrasante d’Alstom soit réellement jugée.

Correspondant LO