Renault Sovab : produire plus avec moins de salariés, c’est non !

08 Mai 2019
Mardi 30 avril, la majorité des vingt travailleurs du poste de nuit du secteur Mastic de l’usine Renault Sovab, à Batilly en Meurthe-et-Moselle, ont débrayé, y compris des intérimaires, contre les conditions de travail qui se dégradent.

Pour le coup, la production de l’usine, qui fabrique des utilitaires Master, s’est arrêtée. Vers 2 heures du matin, les travailleurs du Montage ont été renvoyés chez eux par la direction. Cela s’est reproduit la nuit suivante, le 2 mai. Sur les équipes de journée du Mastic, il y a eu aussi des débrayages d’une heure. Au final, plusieurs centaines de Master ne sont pas sortis des chaînes. La direction n’appréciait guère, elle qui veut toujours plus de véhicules et projette d’augmenter la cadence à 38 Master à l’heure dans un premier temps, au lieu de 36, sans mettre de personnel supplémentaire.

Les cadres du département Peinture sont venus la nuit faire pression sur le personnel pour que la chaîne redémarre. Le ton est monté et un délégué CGT a même été bousculé par un cadre qui s’est ensuite rendu à l’hôpital, obtenant plusieurs jours d’arrêt de travail. La direction en a profité pour mettre à pied ce délégué.

Les travailleurs du secteur du Mastic ont eu à supporter pendant plusieurs jours tous les membres de la direct ion. Les responsables des agences d’intérim sont également venus dans l’usine pour faire pression sur les intérimaires grévistes. Même si le travail a repris, le mécontentement demeure, pas seulement au Mastic mais dans toute l’usine. En effet les conditions de travail sont désastreuses.

En quatre ans, la production a augmenté de 34 % tandis que les effectifs en CDI ont baissé de plus de cent travailleurs. Le nombre de travailleurs intérimaires aussi a baissé : en 2016 et 2017 i l y a eu 800 intérimaires, on est aujourd’hui autour de 600. Près de 200 travailleurs en moins !

Pour fabriquer plus de Master, la direction n’aurait qu’à mettre le personnel nécessaire pour que le travail puisse se faire dans des conditions correctes. Mais elle renâcle à renouveler les machines et le matériel pourri, sauf quand elle y est vraiment obligée, alors que le groupe Renault croule sous les milliards.

Les travailleurs en ont assez de se retrouver, après quelques années de travail à la chaîne, avec une épaule, un coude, un genou ou un dos abîmés, comme cela arrive avec les cadences folles que le patron nous impose. Se tuer au boulot en laissant dehors des millions de chômeurs, ça suffit !

Correspondant LO