Orange : Sur la lancée des prédécesseurs

08 Mai 2019

À Orange, il y a encore la possibilité d’avancer son départ à la retraite de trois ans, au lieu de cinq auparavant, et les préretraités sont moins payés que ceux qui ont bénéficié d’une telle mesure il y a une dizaine d’années. Il n’empêche, la plupart de ceux qui y ont droit choisissent une telle option, dans le but d’échapper à des conditions de travail dégradées.

La persistance de ce système n’est évidemment pas désintéressée de la part de la direction. Sans même qu’un nouvel objectif de suppressions d’emplois soit annoncé publiquement, celles-ci continuent avec environ 5 000 départs par an pour 1 500 recrutements en CDI ou en CDD. Avant, c’était « par la porte et par la fenêtre » que les emplois étaient supprimés. Aujourd’hui, il en reste tellement peu que la porte suffit.

Il en résulte que les effectifs sont devenus insuffisants pour assurer le travail, mais ce n’est pas un problème pour la direction, qui fait appel à la sous-traitance. Des travailleurs sous-payés par des patrons eux-mêmes sous-traitants de sociétés comme Ineo-Suez, Spie, Eifage ou Scopelec effectuent des réparations et installent la fibre dans les immeubles et les pavillons. Au lieu de six à huit interventions par jour, ils doivent en effectuer douze à quinze, souvent sans avoir reçu la formation adéquate. Cette tension se répercute dans les centres d’appels, où les travailleurs, déjà soumis à des cadences, répondent à des clients qui constatent à leurs dépens le manque de techniciens ou le peu de temps qu’ils ont à leur consacrer.

En guise de nouvelle méthode de management, la direction a recours à de vieilles lunes comme les augmentations de salaire au mérite. Pour y accéder, c’est à chacun d’évaluer ses propres compétences, y compris celle de savoir gérer ses émotions ! Quant au PDG Stéphane Richard, il s’est récemment décerné une très bonne note à lui-même, en annonçant le chiffre d’affaires et le bénéfice de l’entreprise.

Que le procès actuel aboutisse ou non à des condamnations, les actionnaires auront encore toutes les raisons de garder le sourire et les travailleurs de réagir collectivement.

Correspondant LO