Auchan, Carrefour et les autres : leur fortune ou notre vie

08 Mai 2019

Après Casino et Carrefour, c’est au tour d’Auchan d’annoncer la fermeture de points de vente et des suppressions d’emplois. Chaque emploi supprimé contribue, comme le travail des salariés qui restent, à enfler la fortune de dynasties familiales qui se classent parmi les plus riches du pays.

Chez Casino, qui comprend également les enseignes Franprix, Leader Price, Monoprix et le site C-Discount, le PDG est aussi le principal actionnaire du groupe. Il contrôle l’ensemble au travers d’une holding financière qui pompe les bénéfices des sociétés, contraintes de s’endetter pour investir. Et c’est pour réduire la dette, dont il est entièrement responsable, que dans de nombreux pays, dont la France, le PDG vend des magasins en nombre, ou les ferme s’il ne peut pas les vendre. Chez Casino, les actionnaires jouent à la roulette, mais c’est aux travailleurs qu’on demande de payer la note.

Chez Carrefour, les plus gros actionnaires sont la famille Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, et la famille Moulin, qui possède les Galeries Lafayette. Fin 2017, 50 hypermarchés sur 247 ont été déclarés non rentables. Cela n’a pas empêché Carrefour d’annoncer un milliard de bénéfices sur l’année. Cela a été suivi, début 2018, par l’annonce de 2 100 emplois supprimés dans les ex-magasins Dia et 2 400 autres dans les services et au siège social. Aujourd’hui, c’est près de 3 000 emplois dont on annonce la suppression dans les hypermarchés.

Chez Auchan, la fermeture de 21 points de vente, dont un hyper et 13 supermarchés, et la suppression de près de 800 emplois sont annoncées. Les sites ont été déclarés structurellement déficitaires par le PDG d’Auchan-Retail, qui est lui-même membre de la famille Mulliez propriétaire d’Auchan et de dizaines d’autres enseignes. Début mars, en publiant des résultats comptables avec un déficit calculé, le PDG avait affirmé qu’il n’y aurait aucune suppression d’emploi. À peine deux mois après, il raye près de 800 salariés des effectifs. Par contre, pour la famille Mulliez, tout va bien. Elle a vu sa fortune faire un bond de 25 % en un an, passant de 30 à 38 milliards d’euros.

Que ce soit chez Casino, Carrefour ou Auchan, les plans de licenciements qui se multiplient et s’amplifient ont une seule et unique cause : la rapacité des propriétaires d’enseigne qui en veulent toujours plus.

Il n’y a aucune raison de faire le vide dans les emplois alors que les coffres-forts des capitalistes sont pleins. C’est en prenant sur leurs fortunes que l’emploi et le salaire de chaque travailleur doivent être garantis.

Philippe Logier