Union européenne : la fausse barbe des traités

17 Avril 2019

« Sortir des traités », comme le revendique la France insoumise ; « Désobéir aux traités qui nous pourrissent la vie », comme le formule Ian Brossat, candidat du PCF ; « Réviser les traités », comme l’expriment Génération.s, EELV ou d’autres partis de gauche mais aussi de droite et d’extrême droite : quelle que soit leur formule, tous ces partis rendent les traités européens responsables de la politique d’austérité menée d’un bout à l’autre de l’Europe.

L’Union européenne est certes régie par divers traités, ratifiés par tous les États membres, depuis le traité de Rome signé en 1957 jusqu’à celui de Lisbonne en 2007, en passant par le traité de Maastricht. Ces traités, fruits de laborieuses négociations, organisent les relations entre les États de l’Union européenne et ils reflètent directement les rapports de force entre eux. Ils donnent un habillage juridique à la domination exercée par les principales bourgeoisies d’Europe, française et allemande en particulier, sur l’ensemble de l’économie européenne.

Ces traités européens ne valent ni plus ni moins que ce que valent les Constitutions nationales. Le droit au logement est inscrit dans la Constitution française. Cela n’empêche pas des dizaines de milliers de pauvres de dormir à la rue ou dans des logements insalubres ! La même Constitution garantit, depuis 1946, l’égalité entre les hommes et les femmes « dans tous les domaines ». Soixante-dix ans plus tard, les femmes doivent toujours se battre contre les discriminations.

Répéter, comme tous ces partis, plus ou moins de gauche et plus ou moins souverainistes, que l’austérité et la politique antiouvrière menée d’un bout à l’autre de l’Europe résultent des traités est une diversion et un mensonge. Ces politiques résultent des exigences des capitalistes dans une économie en crise et de la soumission à leurs intérêts, dans tous les pays, des gouvernements qui se succèdent au pouvoir. Pour se défendre, les travailleurs auront à affronter non pas des chiffons de papier, mais des capitalistes en chair et en os. À commencer par ceux de leur propre pays.

Xavier LACHAU