Retard de l’EPR : fleuron de l’incompétence

17 Avril 2019

Après une série de retards à propos de sa cuve, de son couvercle, de diverses soudures, le réacteur nucléaire EPR, en construction à Flamanville dans la Manche, connaît de nouveaux déboires concernant en particulier huit soudures sur des tuyauteries.

Elles sont situées dans le mur séparant la partie réacteur de l’extérieur, avec les générateurs électriques. Et elles sont d’accès très difficile, voire impossible.

Or l’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire, refuse de les homologuer, car elles ne sont pas conformes. Et quand on connaît le déroulement tel que le décrit l’ASN dans un épais rapport, les choses sont sidérantes.

Ces soudures ont été réalisées, en usine, par un sous-traitant de Framatome entre 2012 et 2014, il y a donc cinq ans. À ce moment-là, tel que l’écrit l’ASN, « les exigences [concernant la qualité du métal des soudures] n’ont pas été transmises à son sous-traitant », et « cet écart n’a pas été détecté par la surveillance d’EDF ». « Les écarts auraient pu être évités dès la qualification du mode opératoire… Les opérations de fabrication se sont néanmoins poursuivies. » Et l’ASN dénonce « une défaillance de la surveillance de l’exploitant. » Les écarts au sujet des métaux par rapport aux normes « ont été détectés, a posteriori, par Framatome et EDF en 2016 », et transmis à l’ASN bien plus tard.

Cela fait donc des années que les directions de Framatome et d’EDF connaissaient le problème, qu’elles ont quand même introduit ces soudures fautives dans la structure du réacteur, provoquant un risque et un retard supplémentaires.

L’EPR est présenté comme un fleuron de la technologie, destiné à épater les pays désireux de s’équiper dans le nucléaire. Seulement Framatome et EDF ont décidé de faire vite, en brûlant les étapes. Et le résultat est une série de désastres.

André VICTOR