Macron annule son discours : les attaques demeurent

17 Avril 2019

« Nous avons décidé de transformer les colères en solutions », proclame le site de l’Élysée. Mais les « solutions » de Macron en réponse à la colère de la population travailleuse, qui s’exprime depuis mi-novembre, ne s’écarteront pas de sa ligne de conduite politique habituelle : tout pour le grand capital.

Le pouvoir d’achat qui s’effondre, la santé mise à mal, les services publics dégradés : il n’était pas besoin d’un grand débat pour savoir que là résident les causes de cette colère. Elle n’a d’ailleurs pas cessé après le discours de Nouvel An de Macron. La savante mise en scène présidentielle des prétendues solutions, consistant en un discours le 15 avril au soir et une conférence de presse deux jours plus tard, a été bouleversée par l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Mais une partie du contenu, délivré par avance aux médias, a fuité.

On peut donc juger de la pertinence des réponses. À ceux qui ont la hantise des fins de mois, l’Élysée parle vaguement de « baisser l’impôt pour les classes moyennes », en finançant cette mesure par la « suppression de certaines niches fiscales ». Tout dans le flou, et rien sur une baisse de la TVA, que chacun paye fort cher. Les retraites inférieures à 2 000 euros seraient réindexées sur l’inflation… en janvier 2020. Rien n’est suggéré pour rattraper la perte pluriannuelle de pouvoir d’achat, pas plus que pour augmenter les retraites de ceux qui doivent se débrouiller pour vivre avec moins de 1 000 euros. Rien non plus sur la hausse de la CSG, qui a déjà volé de plusieurs dizaines d’euros par mois des millions de retraités.

Les salariés aux payes insuffisantes, aux emplois précaires, aux temps partiels non choisis, devraient se contenter d’une pérennisation de la prime défiscalisée suggérée par Macron aux employeurs lors de son discours du Nouvel An : jusqu’à 1 000 euros chaque année, au bon vouloir de l’employeur. Voilà qui ne fait pas grand tort aux grands patrons, car peu de salariés ont touché cette prime, qui s’est limitée dans l’écrasante majorité des cas à quelques centaines d’euros en janvier dernier.

Macron prétend ne plus accepter « aucune fermeture d’école ni d’hôpital jusqu’à la fin du quinquennat ». Mais par contre il ne s’engage pas à revenir sur les dizaines de milliers de suppressions de postes programmées dans les années à venir ! Il ne dit rien sur les classes surchargées, les services d’urgence débordés, les Ehpad où le personnel ne sait plus où donner de la tête… Il y a aussi les attaques à venir sur les retraites. Que ce soit en retardant l’âge légal de départ en retraite ou autrement, elles viseront à réduire le montant des pensions. Sans parler des menaces de suppression de jours fériés, sous prétexte de financer la dépendance.

Alors, face à cette politique spectacle, au mépris des gouvernants, à la rapacité de la classe des riches, les travailleurs ont toutes les raisons de transformer leur colère en luttes massives.

Viviane LAFONT