Loi anticasseurs : la répression n’étouffe pas la colère sociale

17 Avril 2019

Samedi 13 avril se déroulaient les premières manifestations depuis la promulgation de la loi dite anticasseurs, qui attaque en réalité le droit de manifester. Mais cela n’a pas empêché les manifestants d’être 31 000, dont 5 000 à Paris, selon les chiffres de la police.

Le gouvernement, incapable de mettre fin à cette expression de la colère sociale, a adopté cette loi en urgence. Il espère ainsi, en prenant la posture d’un pouvoir fort et autoritaire, et alors que les lois répressives et les policiers pour les appliquer existaient déjà, donner satisfaction à une frange de l’électorat réactionnaire. La loi facilite la répression pratiquée par les forces de police dans les manifestations des mois derniers, notamment la fouille des sacs et des véhicules ; elle rend passible d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende la dissimulation même partielle du visage avec une écharpe.

Si le gouvernement comptait avec cette nouvelle loi dissuader les gilets jaunes de manifester, il en a été pour ses frais. Cela a juste donné prétexte aux forces de police pour se sentir plus autorisées encore de s’en prendre aux manifestants.

À Nancy, alors qu’il n’y avait aucun problème, la police a fini par prendre dans une nasse une partie des manifestants, les libérant au prix d’une contravention de 135 euros !

À Toulouse, qui était pour l’acte XXII la capitale de la mobilisation, la manifestation était encadrée par un énorme dispositif policier. Cela n’a pas empêché 6 000 gilets jaunes de répondre à l’appel national. Au total, 45 personnes ont été interpellées en centre-ville, dont 15 pour dissimulation volontaire du visage, avec 43 placements en garde à vue.

À Paris, la Préfecture de police avait encore interdit tout rassemblement sur les Champs-Élysées. Faisant dans la surenchère, les policiers ont procédé à 9 473 contrôles préventifs et 27 interpellations, alors qu’il n’y avait, selon eux, que 3 500 manifestants.

Mais, même si la répression continue de plus belle, les manifestations continuent elles aussi chaque samedi depuis presque cinq mois maintenant.

Léna PIGALLI