Castaner : passeur de l’extrême droite

17 Avril 2019

Le 5 avril, au sortir d’une réunion avec ses homologues des sept pays les plus puissants du monde, le ministre de l’Intérieur Castaner a déclaré que les ONG qui secourent les migrants en Méditerranée sont complices des passeurs.

De quelles ONG parle-t-il, puisque les gouvernements européens retiennent leurs bateaux dans les ports ? Au moment où Castaner faisait sa déclaration répugnante, un seul navire se trouvait en mer, chargé de quelques dizaines de rescapés, à la recherche d’un port qui veuille bien les laisser descendre à terre. Tous les autres, après avoir été séquestrés, ont finalement pu accoster à Malte. Pire encore, les gouvernements viennent de retirer les quelques bateaux militaires qui pouvaient encore venir en aide aux migrants. Il ne reste que les bateaux de commerce, du moins tant que les armateurs ne les contraignent pas à se dérouter ou à tourner leurs jumelles d’un autre côté.

Les passeurs sont certes des crapules qui rançonnent les migrants avant de les envoyer en mer sur des coquilles de noix. Mais que dire d’un Castaner, qui revendique le fait de les laisser se noyer ? Il applique au pied de la lettre, injures comprises, la politique de l’Europe fermée aux pauvres, revendiquée par tout ce que le continent compte de politiciens de droite, d’extrême droite, voire de nostalgiques du fascisme. Tous l’ont d’ailleurs immédiatement félicité.

Qui se souvient encore qu’en 2015 Castaner, tête de liste PS aux élections régionales dans le Sud-Est, s’était désisté en faveur du sarkozyste Estrosi pour, disait-il, faire barrage à Le Pen ? Aujourd’hui, loin de faire obstacle à la propagande d’extrême droite, Castaner devenu ministre la reprend à son compte, doublant Estrosi sur sa droite et talonnant Le Pen. La place de premier flic de France se gagne avec la peau des naufragés de Méditerranée.

P.G.