SNCF – Oullins : les lenteurs de la justice

10 Avril 2019

Le 29 mars, le syndicat CGT des cheminots d’Oullins, dans le Rhône, organisait une réunion d’information. Une cinquantaine étaient présents pour écouter les militants délégués et l’avocate des 294 d’entre eux qui, en mars 2017, avaient déposé une plainte contre la SNCF pour mise en danger de leur vie avec l’amiante.

Pendant des dizaines d’années ces travailleurs ont réparé et fabriqué des pièces qui en contenaient. Depuis 2007, quatorze cheminots en sont décédés. Mais l’atelier d’Oullins n’est toujours pas reconnu comme site amianté, bien que la direction de l’entreprise en ait fait un argument pour justifier son déménagement à Vénissieux fin 2019.

Bien sûr, la justice prend son temps et l’avocate prévient que la procédure peut durer encore des années ! Depuis deux ans, le dossier a d’abord été envoyé sur l’île de La Réunion pour y auditionner un cadre de la SNCF. Le dossier serait enfin revenu, mais avec des pièces perdues qu’il faut reconstituer. L’avocate a ensuite émis l’idée d’obtenir une condamnation de la SNCF pour préjudice d’anxiété car la plupart des ouvriers et techniciens d’Oullins, qu’ils soient cheminots ou salariés d’entreprises extérieures, ont été au contact de l’amiante, qui n’a été interdit en France qu’en 1997.

Aujourd’hui encore, des pièces à réparer arrivent à Oullins sans être signalées comme contenant des parties amiantées. Si les agents s’en rendent compte, ils peuvent déposer un droit de retrait, non sans que certains membres de la direction locale ne fassent pression sur eux pour que la production continue malgré tout. Quant à la direction de la SNCF, elle n’a rien à dire d’autre que : « Nous laissons l’enquête suivre son cours » ! C’est celui d’un long fleuve tranquille.

Correspondant LO