Débat télévisé : France 2 écarte Lutte ouvrière

10 Avril 2019

Jeudi 4 avril, L’Émission politique de France 2 constituait le premier débat organisé en vue des élections européennes à une heure de grande écoute. Elle a été commentée dans les médias comme le coup d’envoi de la campagne, présentant l’ensemble des candidats aux Européennes.

La chaîne publique a choisi d’en écarter Lutte ouvrière, la seule liste s’exprimant au nom des intérêts du camp des travailleurs. Et la justice est allée dans le même sens. Après avoir rendu un jugement favorable aux trois responsables politiques qui l’avaient saisie le lundi 1er avril, elle a rejeté la requête déposée le lendemain par Nathalie Arthaud et Lutte ouvrière. Quant au CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel), censé assurer « le pluralisme de l’information ainsi que l’expression pluraliste des courants de pensée et d’opinion », il s’est tout bonnement refusé à intervenir. Sous prétexte que la période d’égalité stricte des temps de parole n’est pas encore en vigueur et en s’abritant derrière la « liberté » de la ligne éditoriale de la chaîne, le CSA a conforté France 2 dans son attitude.

Cette chaîne, soutenue par le CSA et la justice, a donc fait le choix de ne pas traiter la liste Lutte ouvrière de la même façon que les autres listes présentes. C’est en fait un choix de classe par lequel les médias, comme la justice, montrent ce que sont pour eux la liberté d’expression et le pluralisme des opinions politiques : une organisation qui se place du point de vue des exploités et qui remet en cause l’ordre social capitaliste n’a pas droit à la parole dans la grande émission politique « sérieuse » de première partie de soirée.

C’est choquant, mais pas étonnant ! Toute la société fonctionne ainsi. Elle déroule le tapis rouge aux plus riches, à ceux qui dominent et à ceux qui les servent. Quant aux travailleurs qui font tout tourner, ils n’existent même pas. Ils sont invisibles, censés se taire et subir. La justice et les médias le reflètent et derrière leur prétendue neutralité, ils masquent la dictature du capital.

Lutte ouvrière cherche à utiliser tous les moyens légaux pour faire entendre ses idées. Mais nous savons que ces moyens ne sont pas les nôtres. C’est sur la capacité des travailleurs et des couches populaires à faire circuler les idées d’émancipation que nous comptons. Et, pour se révolter, les travailleurs ne demanderont la permission ni aux médias ni à la justice.

Nadia CANTALE